[Interview] Frankmusik, un artiste londonien à contre-courant

Le talentueux londonien Frankmusik en interview

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Vincent James Turner alias Vincent Frank, principalement connu par le public anglais sous le nom de Frankmusik (Frank était le surnom de son grand-père) est né le 9 octobre 1985 à Thornton Heath (Croydon, Royaume-Uni). Après des études de stylisme rapidement abandonnées, il se fait connaître pour ses dons de beatboxeur sous le nom de Mr. Mouth. En 2007 il fonde le label Apparent Records avec David Norland, se mettant alors à composer et à remixer ( Relax et Take It Easy de Mika, Fascination d’Alphabeat, Move de CSS, Eh, Eh (Nothing Else I Can Say) de Lady Gaga…). La même année il signe chez Island Records et sort son premier EP Frankisum suivi de 3 Little Words en 2008. C’est pourtant l’année 2009 qui sera l’année de la consécration pour Frankmusik. En effet ses singles Better Off As Two  et Confusion Girl connaissent un bon succès sur le sol britannique. L’album Complete Me rassemble ces titres, Frankmusik nous offre alors un opus électro et original. Il enchaîne en 2011 avec Do It In The Am mais sa maison de disque le lâche, ses titres peinant à s’installer dans le top 40. Après avoir passé trois ans aux USA, il revient avec les albums Between et Betwen Us (version acoustique de Between) en 2013 portés par le titre Chasing Shadow. Fidèle à lui-même et à sa musique, Frankmusik nous offrait alors des titres personnels qui évoquaient une relation amoureuse manquée. A la fin de l’année 2013, et en ce début d’année 2014, il revient sur le devant de la scène avec Ephemeral Summer, Dear Nicole et, plus récemment, These Streets dont le clip vient à peine de sortir. L’album By Nicole, qui rassemblera ces titres et bien d’autres, devrait, quant à lui, sortir fin avril.

C’est donc, entre la réalisation du clip These Streets et la sortie prochaine de son nouvel album que Frankmusik nous a accordé du temps pour répondre à nos questions.

Les Insouciants: Comment avez-vous réalisé vos premiers pas dans le monde de la musique, et comment avez-vous réaliser que cela serait ça et rien d’autre ?

Frankmusik: En fait, je peux remercier la France quant à mes débuts dans la musique, car un petit groupe de dance-pop appelé Daft Punk ont sorti leur premier album Homework et cela m’avait vraiment bluffé. J’avais 16 ou 17 ans, quelque chose comme ça, et quand j’ai écouté ça, cela a juste changé ma vie. Enfin, j’étais juste un de leur fan. Je n’ai jamais voulu faire de la musique, j’étais juste un fan de musique. Mais ensuite, c’est venu, et je ne l’ai pas voulu ou quoique ce soit. La musique était alors quelque chose que je n’avais encore jamais pensé faire dans ma vie, mais dès que j’ai entendu cet album, j’ai su que je devais faire de la musique comme ça. Et puis, d’autres albums sont sortis: Remedy de Basement Jaxx,  Fatboy Slim qui sortait alors son premier album à peu près au même moment, The Chemical Brothers sont apparus aussi… Et donc il y avait cette incroyable scène électronique, qui explosait à la fin des années 90 et au début des années 2000, et j’étais à un âge où on se laisse facilement impressionné, j’étais en plein milieu de mon adolescence. C’était une évidence pour moi, je devais vraiment faire ça.

Comment avez-vous donc fait pour entrer dans ce monde fermé de la musique ?

Et bien, j’ai commencé quand je me suis mis littéralement à faire de la musique. J’enregistrais sur des cassettes. J’avais un clavier Korg Trinity, et cela me permettait de faire du séquencement. Je mettais tout ça sur une cassette, et cela sonnait vraiment faux, c’était juste affreux, mais je n’en avais pas grand chose à faire. Je savais que cela n’avait pas d’importance, parce qu’à l’époque, je n’aurais jamais pensé faire ça aussi longtemps. C’était juste un hobby. C’est toujours un hobby d’ailleurs, sauf que maintenant j’en vis. Donc, quand j’ai commencé, au lieu de m’acheter une voiture, je me suis acheté un « home studio ». C’était à un moment où les « home studios » venaient juste d’apparaître du coup c »était abordable, et cela rendait la vie des gens les plus pauvres plus facile  pour faire de la musique à la maison. Je me suis donc acheté un Mac, avec une version simple de pro-tools, et j’ai juste commencé à faire des rythmes, à écouter de la musique, à copier des idées. Je n’avais pas internet, donc je faisais tout à l’oreille, et souvent j’allais dans le centre de Londres à Soho, où il y a pas mal d’années, il y avait beaucoup de magasins de disques. Je poussais donc la porte de ces magasins et je restais des heures à écouter des disques, à entendre des nouveaux sons, des nouveaux morceaux, et… à apprendre! Je pense que, quand on a une passion, on ne la voit pas comme un travail. Tu veux juste le faire car tu es passionné. Donc j’avais pas le choix, j’absorbais toutes ces informations, et j’allais dans ses magasins, je rencontrais des gens, leur posais des questions à propos de sons, comment ils étaient faits, et là, j’ai rencontré un gars qui travaillait dans un magasin de disques, on est devenu amis, et on a commencé à faire de la musique à deux. C’était il y a vraiment longtemps. Il m’a appris beaucoup de choses, et j’en ai appris d’autres par moi même.

Cette interview… si c’était des questions de merde, je ne serais pas en train de la faire !

Sentez-vous une pression particulière lorsque vous faites de la musique ? 

Je pense que quand on écoute ma musique, soit on l’a dans la peau, soit on ne l’a pas. Cela a toujours été un combat. Quand j’ai été signé par une maison de disque, il y avait cette pression d’être là seulement pour que les gens comprennent et apprécient ma musique. On me faisait comprendre que je n’étais pas là pour que les gens n’y comprenne rien, et donc il y a toujours eu cette pression de me changer pour qu’un maximum de personnes aiment ce que je fais. Après, je sais qu’il y a des gens qui sont signés parce que les gens comprennent leur musique, et ils n’ont pas besoin d’être changé. Ils font leur truc et ça marche. Je n’ai jamais été un de ces artistes. Quand j’écoutais quelque chose à la radio, je ne me disais pas « Oh, je veux faire ça! », mais plutôt « et bien, je ne veux pas faire ça, car cela a déjà été fait ». Et vous savez, la musique électronique, c’est quelque chose de gigantesque maintenant. J’écoute ça à la radio, et je me dis « oui, ok, je ne veux pas faire ça ». C’est à peu près, comme quand j’étais à l’école, j’avais toujours un coup de cœur sur la fille que personne n’aimait, parce que, au moins, je faisais quelque chose de différent, plutôt que de faire ce que tout le monde faisait déjà. S’il y avait une fille super hot, sur laquelle tout le monde craquait, moi je me disais plutôt « non, je préfère Stéphanie qui est à la bibliothèque ». Et donc, il y a quelque chose là-dedans qui s’est poursuivi dans ma personnalité. Je n’aime pas aimer des choses juste parce que c’est à la mode, je préfère donner aux gens une alternative, et cela ne va pas toujours marcher, ce sera toujours plus dur, mais c’est plus valorisant, selon moi.

Concernant mon label, je supervise un peu tout. Les seules choses dont je n’ai pas le plein contrôle sont les domaines où je sais que c’est mieux que quelqu’un d’autre ait le contrôle. Il existe une expression « l’art de la direction est la délégation »: diriger ne veut pas dire que tu dois tout faire. Il s’agit de trouver les bonnes personnes pour faire les choses que tu sais qu’ils feront mieux que toi même. Et ce n’est pas toujours facile de trouver ces personnes, mais j’ai un directeur fantastique, jeune, qui est toujours en train d’apprendre, insatiable, très passionné par ce qu’il fait. Quand je l’ai rencontré, c’était juste un photographe, et je lui ai dit  « tu devrais tourner des vidéos », et donc la première vidéo qu’il a fait dans sa vie est le clip de Map. 

Je peux voir le potentiel dans les gens. Pour vous donner un exemple, cette interview, si c’était des questions de merde, je ne serais pas en train de la faire (rires). Mais comme c’était de bonnes questions, et que vous avez manifestement réfléchi beaucoup à celles-ci, vous méritez que je vous consacre du temps, et donc quand je travaille avec ces gens, je veux leur donner tout ce que j’ai, parce que je sais que le travail qu’ils feront pour moi et avec moi, sera très enrichissant. Et quand tu signes avec une maison de disque, tu ne peux pas choisir ces gens, tu ne peux rien rectifier, tu peux à peine ajuster la musique, ce qui est pourtant ce pourquoi tu as signé. Donc, il y a des gens qui sont meilleurs dans cette situation, quand ils signent, et que tout le monde leur dit quoi faire, mais je ne suis pas l’un d’eux. Je déteste qu’on me dise ce que je dois faire.

J’étais fiancé, sur le point de me marier, mais tout s’est effondré.

En parlant de création, pouvez-vous nous parler un peu plus de votre nouvel album By Nicole 

Mon dernier album Between, c’était un peu comme une expérimentation pour moi. Je pense que j’ai passé deux ans à ne pas être vraiment heureux, après que mon deuxième album soit sorti. Donc, oui, quand l’album Between est sorti, c’était un peu comme un essai, pour voir si je pouvais faire un album non signé, par moi même, et je venais juste de sortir d’une rupture amoureuse difficile, j’étais fiancé, sur le point de me marier, mais tout s’est effondré. Et donc ce nouveau disque, c’était vraiment très tourné sur moi-même, sur ma vie, et c’était un disque dont, en vérité, je voulais qu’il soit écouté surtout par une personne en particulier: mon ex-fiancée. Bon, pourquoi pas, mais cela n’a pas aidé tous mes fans qui me suivait. Ainsi, pour By Nicole je lui ai donné le nom d’une femme, Nicole, une déclaration donc, mais la musique allait être séparée. La musique, pour cet album, allait être moins tournée sur ma vie personnelle, et cela allait être une musique que plus de gens puissent apprécier, sans la pression de savoir que c’est à propos de mon ex-fiancée, ou d’autres conneries comme ça. Le nom de femme m’a donné la cible, mais mes armes sont vraiment différentes.

Pourquoi le titre de l’album de Between, qui devait être à la base « And So It Begins », a changé ? Y-a-t-il une relation avec ce que vous venez nous dire et le changement du nom ?

Je l’ai changé parce que cela me mettait trop de pression. Quand j’ai commencé à faire l’album, je pensais que c’était comme un nouveau départ, mais vraiment, ça ne l’était pas. J’étais toujours dans cette phase de transition, et c’est drôle car Between devait être comme l’annonce d’une nouvelle étape. J’avais donc choisi « And So It Begins », parce que je pensais que j’étais en train de commencer quelque chose de nouveau, mais en réalité pas du tout. J’étais dans un entre deux. Je n’étais pas au début de ma course, mais je n’étais pas non plus à la fin. J’étais toujours en train d’essayer de comprendre. Donc changer le titre a en quelque sorte enlever la pression que je ressentais. Je crois même que j’ai changé le titre trois fois. Je voulais d’abord l’appeler « You Are Here », puis je l’ai changé en « And So It Begins », puis finalement « Between ».

L’album By Nicole va sortir ce mois-ci, surement fin avril en digital et début mai pour une sortie physique.

Y-a-t-il une date de sortie prévue pour l’album By Nicole ?

L’album est toujours en train d’être mixé. En fait, au moment où l’on parle, mes ingénieurs du son sont en train de travailler dessus. Cela va sortir ce mois-ci, surement fin avril en digital et début mai pour une sortie physique. Cela va prendre quelques semaines pour que les CD soient faits, ça ne va pas aussi vite que tu le voudrais parfois. Ça par exemple, je ne le contrôle pas!

Deux albums (Between et la version acoustique Between Us) en 2013, un en 2014, vous ne vous arrêtez jamais ?

Je n’ai pas de petite amie, je n’ai pas de travail. C’est ma vie. Je pense que ce serait vraiment injuste pour moi que je donne moins. C’est tout ce que je fais. J’ai 28 ans, donc cela devrait être la période où je travaille le plus. Je ne veux pas commencer à ne rien foutre à l’aube de mes 30 ans, et à toujours me demander comment je vais m’en sortir. Je veux commencer mes 30 ans en tant que business man, artiste, créateur, et en tant que moyen pour les autres de s’engager avec moi sur toutes ces choses. Je veux être le leader, et plus l’artiste fauché qui essayerait toujours de survivre.

Pourquoi avez-vous choisi le presque éponyme Dear Nicole en tant que lead single pour ce nouvel album ? Et la sortie de ce single le 14 Février 2014 était-il un hasard ?

Si j’avais du la vendre à un label, elle n’aurait jamais été choisie comme single pour lancer un album, même dans un million d’années. Cela ne touche pas les gens rapidement, c’est une chanson lente. Ce n’est pas un choix évident, mais j’étais à un moment de ma carrière où si je devais essayer d’avoir rapidement l’attention des gens, je me serais senti désespéré.  Et je savais à quel point les gens n’avait pas entendu la bonne musique de cet album. Donc c’était un peu comme une introduction à un nouveau son, plus organique, vraiment différent par rapport à tout ce que j’ai pu faire. Et je voulais initier doucement les gens à ça. Je ne voulais pas que tout le monde écoute ça. Je voulais mes fans l’écoutent, parce que je savais qu’ils le feraient. Et je savais qu’il y aurait des « oh je n’aime pas », « oh j’adore », « oh je ne suis pas sûr ». Je savais qu’il y aurait une sorte de débat. Et l’autre principale raison, est que je n’avais pas d’autres choses prêtes si tôt. Donc ça m’a pris du temps, et la raison pour laquelle je l’ai sorti le jour de la Saint Valentin est parce que l’année dernière c’était le jour où j’ai sorti mon premier EP (Far From Over) de mon dernier album. C’était un parallèle, c’était une lettre d’amour. Dear Nicole est une lettre d’amour qui a été transformée en une chanson, et cela coïncidait parfaitement avec ces conneries de la Saint Valentin.

Quel était le message de la chanson Ephemeral Summer sortie en décembre 2013, qui figurera aussi sur l’album By Nicole ? Certains fans sur internet ont parlé d’un Chasing Shadows Partie 2. 

La chanson sera sur l’album mais dans une version différente. Et oui, ils ont totalement raison. Ephemeral Summer est Chasing Shadows Partie 2. J’adore cette chanson, et je voulais faire plus de musique comme celle là. Dans une certaine mesure, on pourrait dire que Dear Nicole est Chasing Shadows Partie 3. Vous savez, j’écoute de la musique, et il y a cet artiste, il y a quelques années, qui m’a vraiment inspiré, et c’est un autre artiste français d’ailleurs. Il s’agit de M83. Il faisait de la musique pour des films, et en grandissant j’ai commencé à adorer à écouter de la musique pour le cinéma, de la musique qui te crée des émotions et qui te permet de respirer quand tu l’écoutes. Ce n’est pas comme écouter le top 40 de musique pop. Quand les gens sur internet disent, « c’est ennuyeux », « cela ne va nulle part », « cela ne fonctionne pas », très bien, il y a des musiques qui y arrivent, mais moi je n’essaye pas d’écrire de la musique pop évidente: couplet, refrain, couplet, refrain, fin de la chanson. Etant indépendant je peux faire ces choix. Si je devais faire des choses évidentes, je vous garantie que les gens qui se plaignaient à propos du fait que la chanson est longue, qu’elle est ennuyeuse, ils auraient été aussi rapide pour se plaindre du fait que je faisais du copié-collé de ce que je faisais avant. On ne peut pas plaire à tout le monde, et de toute façon j’ai arrêté d’essayer.

Pouvez-vous nous parler un peu du tout récent These Streets dont le clip est sorti il y a moins d’une semaine ?

C’était bizarre, cela ne devait pas être le prochain single. Mais comme j’ai plus de contrôle sur ce que je fais, je suis plus impliqué dans le tournage des clips. Jusque là, tout ce que j’avais visualisé c’était la musique et le son. Maintenant, je voulais visualiser ce que je voulais voir avec cette chanson. Quand tu es signé dans une maison de disque, tu as environs cinq directeurs qui t’envoient cinq idées différentes pour le clip, tu choisis celle que tu aimes, celle que tu penses être la meilleure, et puis tu dépenses beaucoup d’argent et tu le filmes. Mais avec moi, et Danny Land, mon directeur, on a écouté la chanson, et on s’est demandé quel clip on pouvait faire, avec le budget, l’équipement etc. Et donc These Streets, ce n’est pas un gros hit pop, mais le truc que j’aime dans cette chanson c’est qu’elle est honnête. Pour la vidéo, à l’origine, on avait quatre heures d’enregistrement, mais cela  n’a jamais été utilisé finalement. En fait, un de mes clip préféré est celui de In Step, et c’était juste une prise. Je voulais refaire la même chose. Rien n’était planifié, le trafic, tout ça, c’était juste là. Il y a eu même cet heureux accident quand à la fin de la chanson je dis « strangers pass by », un couple ait passé à ce moment précis. C’est inestimable, c’était plus que des milliers de vidéos, c’était juste un moment magique, qui n’était pas écrit, mais qui s’est juste passé. Cela a juste totalement résumé pourquoi la vidéo a été faite de cette façon. Le sweat que je porte allait aussi parfaitement avec le clip. Je voulais que les gens fassent « Wahou ». Ça allait vraiment avec le concept de la vidéo: les hommes sont des machines, il faut continuer à avancer… Ce n’était pas qu’une question de style.

Le Frankmusik des années 2008-2009 (3 Little Words, Better Off As Two, Confusion Girl…) est-il le même que celui d’aujourd’hui ?

En ce qui concerne la musique, c’était les fondations. Je ne peux pas mépriser ce que j’ai appris. J’aime toujours toutes ces chansons. Mais j’ai changé, bien sûr, et mes goûts ont changé. Cela a pris du temps avant que je sache ce que je veuille faire après, cela en prendra toujours d’ailleurs. Vous savez quand vous faites une chanson, et que vous passez par certains problèmes, que vous questionnez un peu tout, qu’il y a beaucoup de doutes, et que vous ne pouvez pas toujours être sûr que vous faites le bon choix, cela préoccupe beaucoup votre esprit. Donc là où je vais, par rapport à là d’où je viens, cela changera toujours, et je pense que c’est bien, car ça me garde enthousiaste à propos de mon travail. Et j’adore ce que j’ai fait par moi-même, ou ce que j’ai fait  quand j’étais avec ma maison de disque, et il y a d’autres choses que j’ai moins aimé. Tu essayes juste de prendre le meilleur de toutes les situations, et de ne pas aller dans des chemins qui te feront faire tout merder, car c’est juste autodestructeur et sans intérêt.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre collaboration avec Ellie Goulding sur Wish I Stayed ?

Ellie Goulding, je crois qu’on a juste commencé à parler sur Myspace. Je lui avais juste dit de passer chez moi, dans mon studio, pour faire un peu de musique. C’était juste une jeune femme qui jouait de la guitare acoustique, comme des millions de personnes, et je lui ai dit « faisons quelque chose de différent, changeons un peu les choses ». Vous savez comme je vous l’ai dit, quand j’entends quelque chose à la radio, je veux faire totalement l’opposé  de ce que j’entends. Avec Ellie, je l’avais entendu jouer de la guitare, et c’était bien et cela sera toujours bien, mais je voulais faire quelque chose de différent avec elle. Donc Wish I Stayed était le début de cette expérience dans laquelle je transformais le contexte, ce qu’elle était, et ce que les gens entendaient. Elle était toujours la même, elles écrivaient ces mêmes mots, les mêmes mélodies. J’étais juste là pour redéfinir la façon dont les gens la voyaient, et lui donner une nouvelle opportunité de plaire, parce que je la dirigeais vers quelque chose de différent, plutôt que de la mélanger avec tous les compositeurs présents dans son univers. Et ça a marché!

Avez-vous d’autres collaborations à votre actif ?

Oui, j’ai par exemple produit l’album Tomorrow’s World d’Erasure qui est un groupe de pop électronique des années 80. C’était une expérience incroyable pour moi. J’ai travaillé avec des gens légendaires. Vince Clark, qui a été membre de Depeche Mode, Yazoo, The Assembly and Erasure. Il est vraiment très créatif, et incroyablement modeste. Andy Bell, aussi, le chanteur du groupe Erasure. C’était aussi un amour. Vous savez, ils ont tous les deux pas loin de 50 ans, et rencontrer des gens de cet âge qui font toujours ce qu’ils aiment, ce fut une grande expérience et un grand privilège pour moi.

Dans mon nouvel album, il y a aussi une nouvelle collaboration, une seule. C’est avec Natasha Bedingfield. On chante ensemble un duo, et c’est incroyable. Elle est incroyable. On l’a écrit tous les deux, et elle est venue ici il y a quelques semaines pour enregistrer sa voix pour moi. C’est une artiste très talentueuse, bosseuse et pleine d’ambitions. C’est vraiment une personne adorable, avec un bon état d’esprit. Il devrait y avoir plus de gens comme ça dans ce monde.

Dans mon nouvel album, il y a aussi une nouvelle collaboration, une seule. C’est avec Natasha Bedingfield.

Et avec qui souhaiteriez-vous collaboré dans le futur ?

J’aimerais bien travailler avec quelques rappeurs, et redéfinir à ma façon comment le rap pourrait sonner. J’adore faire ça, changer les attentes des gens. Donc si demain quelqu’un me dit, tu dois prendre un avion pour Atlanta pour travailler avec quelques rappeurs qui cherchent quelque chose de différent, je serais de la partie.

Votre musique, votre look, tout cela semble minutieusement calculé, est-ce quelque chose d’important pour vous ?

La chose à laquelle je m’accroche est d’essayer d’être intemporel. Je pense que quand tu ne suis pas les modes, les tendances, c’est plus facile d’être intemporel, donc quand tu écoutes mon premier album, tu peux penser qu’il est sorti hier, et pourtant cet album date d’il y a presque 10 ans maintenant. En ce qui concerne mon apparence, une fois encore j’aime les choses intemporelles. J’aime toujours être beau, mais là aussi, j’aime pousser un peu les choses, et ne pas suivre les tendances. Je pense que c’est vraiment dur d’être un artiste pop homme parce qu’on a moins d’options qu’une femme. Les femmes peuvent s’habiller comme elles veulent, et ne se font pas appelées  « gay » ou quoi. La seule chose qui intéresse les gens c’est qu’elles soient « hot ». Alors que pour les hommes, si tu ne suis pas une sorte de stéréotype, c’est un peu difficile pour toi. Donc si tu es un homme, chanteur pop, tu es déjà en quelque sorte limité avant même d’avoir commencé quoique ce soit. Je pense que les hommes, en général, passent, de toute manière, par une crise d’identité par rapport à la façon dont ils s’adaptent dans la société. Et l’industrie de la musique est une version amplifiée de ce dilemme que tous les hommes ont connu. Le problème est donc: comment je m’habille bien sans que, tout de suite, tout le monde suppose que je sois gay car j’ai des vêtements branchés. Les garçons ont un problème avec ça. Moi je n’en ai pas, les autres en ont!

Stromae, c’est un mec authentique, j’adore ça.

Connaissez-vous le chanteur Stromae ? Vous semblez avoir un bon nombre de points communs avec lui.

Oh oui, je connais ce gars, il a fait Alors On Danse… Il est très bon, il est fantastique. Ce que j’aime chez lui, c’est son attitude. Quand tu le regardes tu vois qu’il est reconnaissant. Il est très honnête. C’est un mec authentique, j’adore ça.

Quels sont les artistes qui vous inspirent ? Vous nous avez parlé des Daft Punk, de M83, y en a-t-il d’autres ?

Je n’écoute pas trop de musiques en ce moment, parce que je suis concentré sur mon album. J’aime Angels and Airwaves. Je commence à me tourner de plus en plus vers de la musique avec de vrais instruments en live. J’adore la musique électronique, mais j’ai aussi  essayé d’incorporer de vrais instrument comme l’on fait les Daft Punk, avec leur nouvel album. Je fais un peu la même chose. Enfin, je ne les copie pas, je suis à un moment dans ma vie où je veux changer, et faire quelque chose de différent, et il n’y a rien de plus plaisant pour moi, d’écouter un musicien qui a passé 10-15 ans à se perfectionner, et qu’il joue pour mon album, qu’il fasse de leur mieux. Cela ajoute beaucoup plus de valeur au travail que je n’aurais jamais pu recréer avec un ordinateur. Je ne joue pas de la guitare, ni de la trompette, et donc avoir ces gens ici, qui sont aussi mes amis, c’est juste incroyable. C’est incroyable de les voir faire ce qu’ils aiment, et je vais avoir ça pour toujours enregistré dans mes CD.

Avez-vous de récents coups de cœur ?

Il y a Twigs. J’aime beaucoup ce qu’elle fait, c’est vraiment différent, intéressant et, oui, nouveau. Un autre coup de cœur que j’ai, c’est un groupe appelé Twin Tapes. Ils viennent de New York. Je les connais et ce sont des amis. Ils m’ont soutenu l’année dernière à New York, et on est resté en contact. Ils m’ont donné une copie de leur EP. Je les adore. J’ai été très surpris par la qualité, le gout, le style. Et en plus ce sont des gars super sympa, et cela rend les choses encore meilleures s’ils sont sympa. Et ils ont d’ailleurs fait un remix de mon dernier single These Streets.

Pensez-vous vous pencher un peu plus sur la France un jour ?

Vous savez, j’ai toujours voulu plaire aux français. C’est vraiment pas loin la France. Mais ça a toujours été un peu difficile d’accomplir quoique ce soit là-bas. J’ai toujours voulu aller y faire des concerts, ou des choses comme ça, mais c’est vraiment difficile.

Propos recueillis et traduits par Martin Vienne

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