Conférence de Presse Solidays – Hollysiz

Cécile Cassel nous en dévoile en peu plus sur son projet Hollysiz et sur son ressenti sur le festival

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Lors du premier jour du festival Solidays (vendredi 27 juin 2014), Les Insouciants ont assisté, comme de nombreux autres journalistes et bloggeurs, à la Conférence de Presse d’Hollysiz, quelques heures avant son passage sur scène.

Nous vous proposons ici de découvrir les questions posées par tous lors de cette conférence, et les réponses apportées par Cécile Cassel.

 

Question : Qui est Nelson Mandela et qu’est-ce qu’il représente pour vous, en tant qu’artiste, en tant que personne?

Hollysiz : Il représente l’espoir déjà! Quand on voit l’onde de choc que ça a été mondialement au moment de sa mort, on se rend compte de ce que cet homme a pu laisser dans le cœur des gens, et pas seulement en Afrique du Sud, c’est-à-dire que ça a vraiment eu un retentissement mondial. J’ai grandi avec sa figure comme un porteur d’espoir, quelqu’un d’une positivité absolue, d’une sagesse aussi magnifique. Donc voilà, il est le visage de l’espoir.

 

En tant qu’artiste, quand vous vous engagez sur un festival comme Solidays, qu’est-ce que vous espérez donner comme message par rapport à la lutte contre le sida?

Ne serait-ce que d’en parler, je crois que ça fait du bien parce que j’ai vraiment l’impression que la génération en dessous de moi, c’est-à-dire ceux qui ont la vingtaine aujourd’hui, a un peu oublié que le sida est encore là et qu’il faut se protéger. J’ai vraiment grandi avec ça en tête, vu que je suis née dans les années 80, c’était vraiment le début du sida, et donc quand j’étais adolescente, et puis quand j’ai eu 20 ans, on était vraiment au cœur de l’information concernant la maladie. Et aujourd’hui, j’ai l’impression que le message s’est un tout petit peu essoufflé, comme si le fait que la recherche médicale ait avancé, cela a un tout petit peu erroné le débat. Et donc c’est très bien d’en parler et de dire que la maladie est encore là, extrêmement présente, que ça ne se passe pas que dans d’autres pays, ça se passe chez nous aussi, avec n’importe qui, et qu’il faut en être un petit peu plus conscient, et sortir couverts!

Malheureusement, on a souvent eu envie de parler d’autre chose que ce que je proposais artistiquement


Hollysiz, le nom, il vient d’où?

Alors, c’est un mélange de deux choses : Siz, c’est mon petit surnom depuis toujours, mes amis m’appellent comme ça, c’est un diminutif de Cécile quelque part ; et Holly, c’est une plante que l’on trouve à Noël, qui est le houx, qui est rouge et qui pique. Le projet était déjà rouge, et le fait qu’il pique un peu me plaisait. Et c’est aussi un personnage d’un film de Terence Malick qui s’appelle Badlands, et Sissy Spacek dedans s’appelle Holly, et c’est un personnage qui m’a beaucoup inspirée. On donne beaucoup de significations, mais en fait c’est surtout un jour ce nom m’est venu en tête et est resté comme quelque chose qui me plaisait.

 

Est-ce que vous êtes contente et est-ce que c’est important pour vous d’imposer un autre nom que Cassel en chantant?

J’ai pris un autre nom au départ pour pouvoir juste mettre sur internet des titres sans que personne ne sache à qui ça appartenait, et que si, d’un coup, ils tombaient sur ma musique et qu’ils avaient envie d’y retourner, c’était pour les bonnes raisons, c’est-à-dire parce que la musique leur avait plu. Malheureusement, on a souvent eu envie de parler d’autre chose que ce que je proposais artistiquement; donc là, c’était la meilleure manière de recentrer le débat vers ce que je propose et pas vers ce que je suis.

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Quels sont vos premiers souvenirs de festival?

Je me demande si c’est pas ici…Enfin, un des premiers qui me vient, ça a été surement ici, il y a une dizaine d’années; c’est une année où je suis allée voir Pleymo jouer, où il pleuvait des cordes et on avait de la boue jusque-là, donc c’est des souvenirs de boue! (rires) Et en même temps, cette boue avait amené une sorte de solidarité générale, de fraternité, on se serre tous sous le pauvre parapluie qu’on a. Voilà, c’était un souvenir assez drôle, un souvenir de pluie donc! Beaucoup, beaucoup de pluie!

 

Avec les artistes qui se produisent tout le long du festival, avec lesquels voudriez-vous interpréter un duo ou une chanson?

Il est dans ma ligne de mire et c’est un peu mon parrain dans cette histoire donc, Yodelice, bien sûr! Ouais, je parle de toi bébé! (ndlr: Maxim Nucci se trouve à l’entrée de la tente où se déroule la conférence de presse) (rires) Mais « bébé« , c’est complètement…euh…hors…je ne lance pas une rumeur complétement folle! (rires)

ce soir justement j’ai une petite surprise avec une jeune femme que j’aime particulièrement et dont vous entendrez beaucoup parler, et pas que après ce soir, juste dans l’absolu


Est-ce que vous changez quelque chose à votre façon d’être sur scène lors d’un festival?

Déjà, on s’adresse à beaucoup plus de monde que dans les clubs rock qu’on vient de faire là en tournée; on s’adresse à un public qui ne nous connait pas toujours, donc c’est très différent. On revient un peu à l’énergie qu’on pouvait avoir quand je faisais des premières parties, où on arrive face à un public qui n’est pas toujours acquis, qui parfois attend l’artiste d’après ou qui est resté parce qu’il a vu l’artiste d’avant. Enfin, on sait jamais vraiment à qui on s’adresse, donc déjà ça challenge un peu plus, et le set est en général un petit peu plus compact, donc on est dans un set qui est beaucoup plus rock, beaucoup plus brut, c’est-à-dire qu’il faut capter l’attention tout de suite, et c’est vraiment très différent d’une salle où les gens ont payé leur place pour venir vous voir vous seulement, et où on a un peu plus le temps d’installer les choses. Là, on est dans une énergie beaucoup plus brute, en même temps, moi c’est quelque chose qui me plait beaucoup.

 

Le fait de rencontrer beaucoup d’artistes quand on est sur des festivals, est-ce qu’il y a eu des collaborations qui sont nées de ça suivant les festivals que tu as fait, ou est-ce que là déjà il y a des envies, il y a des rencontres?

Alors, là, c’est vraiment le tout début, ça fait le troisième que je fais; je vous en parlerai début aout quand j’en aurais fait vingt! Mais oui, évidemment, on a aussi le plaisir de pouvoir aller voir les spectacles d’autres, parce que quand on est en tournée, malheureusement on rate tous les concerts. Ça nous permet de temps en temps au moins de voir un petit bout de quelque chose. Par exemple, le monsieur qui a créé mes lumières, qui s’appelle Jérémy Bargues, il a créé les lumières de Matthieu Chedid et aussi celles d’Emilie Simon, donc j’ai pu aller voir son travail ; voilà, il y a ce plaisir-là aussi, et après, les collaborations diverses, ce soir justement j’ai une petite surprise avec une jeune femme que j’aime particulièrement et dont vous entendrez beaucoup parler, et pas que après ce soir, juste dans l’absolu.

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Ce soir, grosse scène; demain, aussi – au Stade de France en première partie d’Indochine. Comment vous vous sentez?

Elle est grosse celle de demain! (rires) Alors, pour vous dire, hier soir, j’ai eu la chance d’aller voir le filage d’Indochine, ils m’ont invitée à venir voir. Donc j’ai vu leur spectacle dans un stade vide, je vous avoue que j’ai diné dans les gradins vides toute seule en regardant le spectacle, et c’était vraiment, je pense, le summum du truc le plus fou auquel je me suis retrouvée. C’était tellement hors proportion et c’est tellement pas concret en fait, mais quand on vous donne un chiffre et qu’on vous dit qu’il y aura 70 000 personnes, c’est une masse en fait, c’est impersonnel totalement, donc quelque part, je suis très excitée, j’ai hâte, mais ce n’est pas quelque chose qui m’angoisse. Ça m’angoisserait presque plus de faire un concert juste là avec vous où on se regarde tous dans le blanc de l’œil parce que d’un coup la notion de spectacle enlève tous les artifices qu’on peut avoir, on est vraiment nu. Et là, sur une scène aussi grande, déjà pour les 3/4 des gens, je vais faire à peu près 3 cm pour eux, maintenant c’est une espèce de démesure complétement mégalo et folle que de jouer au Stade de France! On a vu un bout de pelouse, on était un peu hystérique, on a pensé à Zinedine Zidane, on a pris en photo ce bout de pelouse en se disant, « mon dieu, c’était là! » Mais en me levant ce matin, j’étais quand même très émue de comprendre que j’allais jouer ce soir ici, parce que mes premiers souvenirs de festival, ils sont ici; en tant que parisienne, je suis venue pleins de fois à Solidays, et tout à l’heure quand on est arrivé, on n’est pas rentré par la même entrée que d’habitude, et je vous avoue que j’étais un peu les larmes aux yeux, on m’a remis mon badge avec marqué « artiste – Hollysiz – Solidays« ; celui-là, je pense qu’il va trainer chez moi un bon moment parce que c’est important pour nous tous d’être là, pour la cause, et aussi c’est devenu un vrai festival artistiquement hyper intéressant.

 

Les Insouciants : Vous aviez commencé une carrière dans le cinéma, pourquoi ce revirement dans la musique?

Pour moi, déjà, je n’ai pas arrêté ma carrière dans le cinéma, et puis il n’y a pas un véritable revirement; j’ai toujours fait de la musique en parallèle, c’est juste deux histoires très différentes. La première, avec le cinéma, je suis une pièce dans l’histoire des autres, donc je dépends de leurs désirs, de leurs histoires, d’énormément de choses; celle-ci, je l’ai écrite par moi-même. Donc, pour les gens, il y a un côté: j’ai sorti un film et puis un an après je sors un album; mais dans ma vie ça a toujours été en parallèle. Les choses aujourd’hui coulent juste beaucoup plus vers la musique parce qu’il se trouve que c’est moi qui écrit cette histoire, qu’en plus j’ai la chance d’avoir rencontré un public qui me suit, et que ça se passe bien, donc je travaille 7 jours sur 7, et donc ce serait difficile de faire les deux. Mais je n’ai pas du tout fermé la porte aux histoires des autres.

dès que je peux les replacer, vu ce que ça m’a couté, je refais un petit pas de claquettes l’air de rien


Pourquoi un album en anglais?

Alors, pour plusieurs raisons. Déjà, j’habitais en Angleterre quand j’ai commencé à l’écrire, donc c’était une langue qui m’entourait tout le temps; j’ai vraiment une culture musicale anglo-saxonne, j’ai vraiment grandi avec la pop anglaise, avec la soul noire américaine, avec vraiment une culture beaucoup plus anglo-saxonne que variété française par exemple. Alors aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui me font dire le contraire, mais à l’époque où j’ai commencé à écrire la musique que je voulais faire, je trouvais qu’elle ne sonnait pas bien en français et qu’on ne pouvait pas faire danser les gens en français. Stromae est passé par là, Christine & the Queens sont passés par là, BB Brunes sont passés par là, ils font du rock qui sonne; donc aujourd’hui, cet argument ne tient plus. Mais il y a une couche supérieure, qui est que je suis quelqu’un de très pudique dans la vie, et l’anglais en fait m’a permis une certaine impudeur dans la manière d’écrire que je n’aurais peut-être pas osée en français. Mais ça, je m’en suis rendue compte a posteriori, j’ai traduit les textes à une amie qui ne parlait pas anglais, et en disant certaines choses, je rougissais ou j’étais surprise d’avoir osé dire des choses comme ça, et dans ma langue maternelle, j’aurais jamais osé les écrire, je pense.

 

Vous êtes danseuse; est-ce que le fait de faire des claquettes dans votre clip, c’est un nouveau challenge?

Je ne savais pas du tout faire de claquettes quand j’ai écrit ce clip, ce qui est une erreur totale; et donc, j’ai passé trois mois, cinq jours par semaine à apprendre avec un coach, qui est d’ailleurs le coach du parrain de Solidays, le coach d’Antoine de Caunes! Je l’ai appris après, un jour je l’ai croisé en cours de claquettes, lui il venait pour préparer les Césars. Et c’est donc un monsieur qui s’appelle Victor Cuno, qui a beaucoup de patience (rires), et ça a été trois mois de travail juste pour ce tout petit bout de claquettes qu’il y a. Sinon, la formation de danseuse que j’avais, c’était la danse classique, le hip hop, le modern jazz, mais pas du tout les claquettes! Donc voilà, c’était un vrai nouveau challenge, oui effectivement! Donc maintenant, dès que je peux les replacer, vu ce que ça m’a couté, je refais un petit pas de claquettes l’air de rien parce que ça fait toujours un peu un petit effet.

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