Vieilles Charrues : des pointures et des nouvelles sensations !

Un pot-pourri de nouvelles sensations au plus grand festival de France ! 

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Hormis les têtes d’affiches qui ont fait carton plein pour cette édition (225 000 personnes sur quatre jours, dont 175 000 entrées payantes) comme Stromae, Elton John, Arctic Monkeys, Lily Allen, Shaka Ponk, Etienne Daho ou Fauve, les Vieilles Charrues ont aussi programmé nombre de nouveaux talents déboulant dans l’arène médiatique ou de groupes gagnant à être plus connus, des révélations de l’année aux formations locales grâce au nouveau dispositif Label Charrues, remplaçant ainsi le tremplin des Jeunes Charrues. Et malgré la météo parfois capricieuse, l’envie de découvrir de nouveaux sons était présent chez la plupart des festivaliers.

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Frànçois and The Altas Mountains. Crédit photo : Marion Hermet

Dès l’ouverture des lieux jeudi après-midi, la belle Hollysiz n’a pas hésité à mettre le feu sur la scène Grall, fraichement inaugurée et réaménagée pour cette édition. Pleine d’humour et d’énergie pour transporter la foule (notamment par un « hashtag la loose » suite à un petit couac pendant son live) aux sons de son premier album My Name Is, elle s’offrira même un grand bain de foule et un slam pendant Come Back To Me pour clôturer son set. Pendant que de grands noms investissaient les scènes Glenmor et Kerouac (les deux scènes principales du festival), on s’échappe du concert des américains de The Black Keys pour contempler la pépite pop Frànçois and The Altas Mountains, toujours sur Grall, avec un set envoûtant et psychédélique, proche des sensations de voyage dans une forêt, ce qui est appréciable pour se reposer un peu avant la petite tempête Christine and The Queens. Attendue au tournant pour certains et mise en concurrence face au phénomène Fauve à quelques foulées de Grall, Héloise et sa « troupe » réussira quand même à captiver un auditoire avec un set essentiellement composé de chansons de son premier album Chaleur Humaine, de danses rythmées et de vidéos mettant en scène la chanteuse retransmises sur un écran. De quoi faire danser les festivaliers pour cette première soirée.

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Jungle. Crédit photo : Marion Hermet

Le vendredi était surtout un rassemblement de plusieurs générations, des plus petits assistant à leur premier concert, accompagnés de leurs parents, aux plus âgés, tous venus pour admirer les deux grosses têtes d’affiches du jour, Elton John et Stromae. Ce qui a fait surtout le gros carton de cette journée, complète depuis longtemps d’ailleurs. Ceci dit, de nombreux groupes émergents étaient présents ce jour-là et on n’a surtout pas hésité à jeter un coup d’oeil. La journée a débuté par le set de la nouvelle sensation londonienne dans le domaine du funk-electro, Jungle, sur la scène Kerouac. L’un des coups de coeur de ce festival : des compostions dansantes, légères, limite rétro avec une touche moderne. Leur premier album est sorti récemment et fait déjà l’objet de critiques positives par les médias. Une raison de plus de les écouter et de les suivre attentivement. Après avoir entendu quelques compositions des Mailiens de Tinariwen sur Glenmor, direction le set de The Same Old Band qui ouvre la scène Grall pour cette journée, avec son rock psyschédique et prometteur.

Cette formation venue de Lorient fait partie des trois groupes locaux sélectionnés pour la première édition du Label Charrues, remplaçant le tremplin des Jeunes Charrues qui a sévit pendant près de 20 ans. Ayant toujours le but de révéler les groupes bretons émergents et de leur faire une place de choix dans la programmation, la sélection ne se présente plus par des soirées tremplin mais par une veille artistique du label, un repérage permanent des formations en concert et un soutien par des professionnels du métier avec à la clé, une résidence, une tournée à travers la région bretonne et enfin, un concert aux Vieilles Charrues. On parle même d’une date parisienne à l’automne prochain, même si rien n’est confirmé pour le moment. Pour cette première cuvée, The Same Old Band, Totorro et Falabella étaient les heureux élus à se produire devant les festivaliers.

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Saint Michel. Crédit photo : Marion Hermet

On reste sur Grall pour assister à la performance de Saint Michel, l’une des nouvelles perles pop débarquant de Versailles. Les trois jeunes hommes étaient venus présenter leur premier effort, Making Love and Climbing, sorti l’année dernière. Une jolie découverte, grâce à un set teinté d’électro-pop ensoleillée. Une invitation pour s’évader sans forcément partir de Carhaix, malgré les nombreux festivaliers quittant Grall au bout de quelques minutes pour ne pas rater une miette le concert d’Elton John. Et en parlant de voyage, direction la scène Gwernig, qui, contrairement aux trois autres scènes, propose une programmation axée sur les musiques du monde et bretonnes. Réaménagée pour cette édition, elle permet d’être un espace « plus intime » situé à deux pas de l’entrée du festival. C’est tout naturellement qu’on se dirige sur cette scène pour admirer la prestation des ukrainiennes de Dakh Daughters, ou le cabaret et la world music se mélangent, pour donner un spectacle atypique et plein d’énergie, avec une petite dose d’humour et de théâtre. L’une des surprises de cette édition pour nous, comme quoi la curiosité peut être une qualité à posséder. Malgré cela, le raz de marrée Stromae n’était pas loin et c’est dès la fin du concert des demoiselles que les premières notes de son live retentissent, et invite presque tous les festivaliers à aller danser. Ce ne sera pas notre cas, on préfère attendre le début du set de Franz Ferdinand sur Kerouac, tout en regardant le concert du belge sur l’écran. Pour finir la soirée, avant Gesaffelstein et l’orage qui va avec, on jete un coup d’oeil  au live de Young Fathers sur Grall, venant d’Edimbourg. Un mix entre hip hop expérimental, électro, soul et autres, un joyeux mélange fait pour les moments nocturnes.

Breton. Crédit photo : Marion Hermet

Breton. Crédit photo : Marion Hermet

 

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Jabberwokcy. Crédit photo : Marion Hermet

Le samedi était propice aux headliners rock (Détroit, Arctic Monkeys, Shaka Ponk notamment), mais aussi électro, avec une journée spéciale sur la scène Grall. Ce sera Benjamin Clementine qui ouvrira le bal de la journée sur Kerouac. Songwriter anglais prometteur, seul face à son piano. Ca passe bien pour une ouverture de journée, on notera surtout la petite reprise d’Emmenez-Moi d’Aznavour, dans un français bien maitrisé. Ceci dit, on préfère filer à la suite sur Glemnor, pour attendre les londoniens de Breton. Et on ne sera pas déçu : une heure de live totalement fou, mêlant le premier album sorti en 2012 (Other People’s Problems) à l’un des meilleurs albums de 2014 (War Room Stories). Ce qui est sur, c’est que Breton continue à monter doucement mais sûrement : le groupe d’électro-rock gagne petit à petit un public plus large en France. Une belle claque à la fois musicale et scénique en tout cas, et un moment fort de ce festival. Les belles découvertes ne s’arrêtent pas là, le line-up de la journée spéciale sur Grall est vraiment intéressant : Carbon Airways, Diplo, Gramatik, Fakear, Falabella ou encore Jabberwocky. Justement, parlons de ce trio poitevin très prometteur, grâce au tube Photomaton qui a illustré entre autre un spot pub pour une marque automobile l’automne dernier. On aurait cru à un succès éphémère, mais en vain. C’est avec enthousiasme qu’on est allé assister à leur performance, et cette dernière a confirmée leur statut montant dans l’électro française, en attendant leur album prévu pour début 2015. Pendant 50 minutes, les festivaliers ont pu se déhancher sur les singles déjà sortis (Pola, Photomaton…) et aussi sur les compositions qui seront sans doute sur l’album, avant de clôturer par un remix de West Coast de Lana del Rey. La soirée s’est poursuivie par un mélange de styles (rap, électro, rock…) et d’artistes variés (Disiz, Julien Doré…), appréciés par beaucoup de festivaliers.

Le dimanche (et dernier jour) avait aussi son concentré électique, allant du rock alternatif des américains de 30 Seconds to Mars à la pop sucrée et espiègle de Lily Allen, en passant par la chanson française (Christophe, Etienne Daho) et la programmation spéciale rock sur la scène Grall (Bombay Show Pig, Birth of Joy, Traams…). On a surtout eu un coup de coeur pour Totorro, groupe sélectionné pour le dispositif Label Charrues et qui a pu ouvrir les festivités sur Grall. Ce quatuor venant de Rennes, viennent de publier leur premier essai Home Alone, sur le label de Yelle, Recreation Center. Comparé à Mogwaï par exemple, les garçons ont pu montrer l’étendu de leur talent sur des compositions prometteuses. Quelques minutes après la fin du set de Totorro, les belges de Girls in Hawaii électrisent la scène Kerouac, afin de défendre leur récent album Everest, teinté de pop-folk, ce qui nous a permis de passer un bon moment, avant d’enchainer d’autres concerts.

Le festival a pu ainsi faire oublier l’édition en demi-teinte de 2013, avec une programmation variée et très intéressante. Le rendez-vous est déjà pris du 16 au 19 juillet 2015 pour de nouvelles aventures bretonnes au plus grand festival de France !

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