Rencontre avec Grand Blanc

Grand Blanc : « Tous ensemble on va y arriver ! »

 

Grand Blanc

 

A l’occasion du Nancy Jazz Pulsations, nous en avons profité pour aller à la rencontre des messins de Grand Blanc révélés cette année grâce à leur présence sur de nombreux festivals.

A l’origine vous êtes de Metz, alors pourquoi avoir changé récemment pour Paris?

Vincent : Ça doit être le label. Je pense que ça veut plus dire que le groupe s’est créé à Paris plus qu’à Metz puisqu’on s’est tous rencontrés à Paris en faisant nos études. On y habitait tous quand on a commencé Grand Blanc en fait, donc ça doit être pour ça.

Benoit : On est originaire de Metz. On l’a là (il montre son coeur). En fait, la première année – la moitié de l’existence du groupe -, on a joué qu’à Metz parce qu’on connaissait des gens là-bas. Ils avaient écouté notre musique et il nous ont soutenu. On était un peu timide et on ne connaissait pas beaucoup de gens à Paris, donc on a pas trop tenté. On a mis un an avant de jouer à Paris, donc on peut dire qu’on est un groupe de Metz dans le sens où l’on vient de cette ville… Et en plus, on y est retourné pour les concerts puisque pendant un an on a fait que ça ! Donc on est vraiment de Metz. On a pas triché ! (rires) 

Camille : On triche pas nous ! D’ailleurs, on en dira deux à Michel demain ! (rires)

Cette année nous avons eu l’occasion de vous croiser sur plusieurs tremplins dont celui des Inouïs du Printemps de Bourges, où nous vous avons découvert. Quelle expérience en tirez-vous?

Vincent : En fait, on a fait que Bourges ! C’est le seul qui nous convenait, on aime pas trop les…

Camille : Ah si les gars, vous avez oublié un truc ! On a fait Zic à Metz !

Benoit : Ouais… Enfin c’était pas le même projet, pas la même époque ! Y avait rien à gagner derrière.

Vincent : On aime pas ces gros tremplins à la con où tu dis des conneries, tu pètes une bouteille pour jouer, mais aussi où tu dois ramener des tickets pour tes potes parce que c’est de l’applaudimètre… Par contre, Zic à Metz c’était très bien parce qu’en plus, on avait un bon feeling. C’était un peu en famille.

Camille : Et c’était notre premier concert !

Vincent : Notre premier ouais ! Et on en garde un agréable souvenir. Après, le Printemps de Bourges c’est vraiment quelque chose d’axé sur les découvertes. De jolies découvertes de tous styles !

Benoit : Là c’est un jury et c’est en trois tour. Ça demande de l’investissement. On a plein de potes musiciens qui étaient sur le festival des Inrocks Lab à Paris et on l’a pas fait même si on s’est posé la question à un moment donné. Mais au final, c’est des trucs où les gens votent sur Twitter en temps réel et franchement, c’est très bien pour certains, mais nous, on est trop timide et trop vénère contre ces trucs pour les apprécier.

Camille et Vincent (en choeur) : Fuck le système ! (rires)

Benoit : Fuck le système, surtout quand il ne t’aime pas et qu’il te fait penser que t’es pas fait pour ça !

Vincent : Et surtout, si tu gagnes quelque chose, tu as un engagement à tenir derrière donc c’est pas bon. Si tu veux avoir ton label ailleurs, signer ce que tu veux, sortir les trucs que tu veux, c’est vraiment pas possible de passer par là parce que tu te retrouves menotté pendant un an. C’est bien pour beaucoup d’autres gens, groupes, mais ça dépend vraiment de comment tu envisages les choses.

Depuis, nous avons pu vous croiser à plusieurs reprises sur des festivals (Rock En Seine, Jardin Du Michel) et une médiatisation (Sessions live pour Les Inrocks, Monte Le Son) s’est faite plus forte autour du groupe. Comment gérez-vous tout cela ?

Benoit : Avec des gens autour de nous surtout.

Luc : Et une bonne attachée de presse aussi !

Vincent : En fait, on a plein de gens qui… pas qui nous protègent, mais qui s’occupent de tout ça. Au final, on s’occupe pas de grand chose. On a notre manager qui répond aux mails, le tourneur qui s’occupe de nos dates, le label qui s’occupe de… je sais pas en fait… (rires)

Luc : C’est ça les labels, tu sais jamais de quoi ils s’occupent ! Enfin… ils s’occupent de trucs que, si tu en avais conscience, tu ne ferais même pas de musique !

Camille : Mais vous nous faites passer pour des gros handicapés ! On est quand même pas Johnny Hallyday ! On arrive quand même à avoir un oeil sur tout, et particulièrement sur Facebook où on répond dès qu’on en a le temps. C’est juste qu’on a la chance d’avoir des personnes qui nous entourent.

Benoit : J’avoue que c’est gérable, mais c’est vrai… C’est le grand truc de Fauve de se définir comme un collectif. Je dis pas que c’est factice mais tous les groupes sont comme ça. Après, le mettre en avant c’est un choix ou pas. Et voilà, nous on y va un peu moins à fond là-dessus mais c’est vrai que pour que ça marche, il suffit pas de faire des morceaux, les enregistrer, les jouer…  Il faut encore une logistique avec une dizaine de personnes autour de nous comme Monsieur (il désigne l’ingénieur son dans la pièce) Nathan qui est là et qui fait aussi la régie sur nos tournées. Il s’occupe aussi de la direction artistique sur le live, ce qui fait de nous des pros en fait. On peut dire qu’il fait parti de Grand Blanc. Il n’est pas juste sur scène avec nous. Et puis, il y a notre manager, Yannick. Là, c’est un peu différent puisqu’il nous connait depuis les débuts du groupe. On peut dire qu’on a commencé ensemble en gros et il intervient sur certaines choses. Sa carrière de manager change avec Grand Blanc comme celle de Nathan change un peu aussi.

Nathan : Avec Grand Blanc ?

Benoit :  Ouais ! Y a Peter Peter qui veut faire des boeufs avec toi. (rires) Enfin voilà, tous ensemble on va y arriver !

Vincent : On est fort !

Crédit photo : ©Guillaume Lechat

Crédit : © Guillaume Lechat

Pour l’enregistrement de cet EP vous avez fait appel à Louis Delorme. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

Camille : En fait il traînait là ! (rires collectif)

Luc : C’est presque ça ouais !

Vincent : En fait il cuvait dans un coin du studio !

Benoit : Il cherchait de l’herbe des tropiques qu’il avait perdu entre deux coussins du canapé du studio. (rires)

Vincent : Non, en vrai notre directeur artistique qui a travaillé sur l’album, Adrien Pallot (Blind Digital Citizen, Moodoïd) le connaît donc très bien. D’ailleurs ils ont un groupe ensemble : Inigo Montoya. Du coup, il avait vraiment l’habitude de travailler avec lui en studio, et quand on a voulu essayer de mettre des batteries acoustiques sur l’EP, il a forcément fait appel à lui.

Nathan : Mais il y a pas que Louis qui en joue en fait. Il y a aussi Luc !

Camille : C’était génial ! On a mis les deux batteries l’une en face de l’autre.

Luc : C’était un duo de batterie. On l’a presque pas utilisé au final mais y a quand même deux, trois trucs qui restent.

Benoit : Notre problématique c’est qu’on savait pas si on voulait rester en beat électro à fond ou si on mettait de la batterie. Du coup, on a essayé des trucs et c’est vrai que Blind Digital Citizen font des mixes des deux depuis très longtemps. C’est une des grosses particularités de leur projet d’ailleurs, donc ils font ça super bien, ce qui explique pourquoi on a fait appel à Louis. En plus, c’est un pote et il traine tout le temps au studio.

 « Il suffit juste d’être attentif tout le temps. Il y a pas de nécessité de bosser, simplement de sentir le bon moment ! »

Comment procédez-vous à la création de vos morceaux ?

Camille : On fonctionne jamais trop de la même manière et on va encore évoluer.

Benoit : On galère !

Camille : Ouais, surtout au début…

Benoit : Au début j’avais quinze chansons et on tapait dedans pour les réarranger.

Camille : C’est ça ! La deuxième étape c’était Ben qui ramenait un petit « Lalala » avec un texte dessus et une bribe de mélodie en chant plus ou moins aboutit, et nous, on venait après. Maintenant, peu importe qui lance une idée, on essaie d’en faire un truc. Que ce soit Ben qui apporte une phrase ou nous qui ayons un riff qui nous plait, on prend et on avance comme ça.  Après il y en a un qui rajoute un truc, un couplet,…

Benoit : Enfin moi je suis tout seul à écrire. Après lorsqu’on décide que Camille va chanter une chanson, on essaie un peu d’écrire ensemble. Ça change un peu le processus d’écriture. J’essaie de l’associer après mais c’est souvent difficile parce que même moi je ne sais pas comment ça marche quand j’écris une chanson… Ce serait bien que je le sache à un moment donné d’ailleurs, ça m’aiderait. Mais j’y travaille !

Mais voilà, l’écriture est une bonne forme d’inertie. Il y a un truc un peu bizarre, un besoin d’un peu de mélodie, d’un peu de chant au début pour définir la direction d’un morceau. Après, il y a un besoin du détail et de la progression du morceau pour définir un texte, et ainsi pouvoir lui donner une cohérence. En tout cas, c’est le bordel, mais un bordel sain dans le sens où on se renvoie la balle, et en général l’arrangement et le texte finissent en studio.

Camille : En tout cas, il y a une chose qui est sûr et certaine, c’est qu’on ne s’enferme pas dans une salle pendant trois heures pour pondre un morceau comme ça. C’est pas un boeuf… En fait, on va se mettre derrière un ordinateur et on va enregistrer des trucs chacun notre tour. On test, et ensuite on reprend deux semaines après.

Benoit : Il y a surtout un gros côté sélection naturelle dans la musique, puisque, l’idée qu’on balance devant l’ordi, c’est déjà une idée sur cent ou deux cent qu’on garde.

Vincent : Y a le hasard aussi.

Benoit : En effet, toi tu bosses pas mal sur le hasard mais moi, je suis encore trop rigide pour arriver à avoir confiance pour ça. Mais c’est vrai qu’on n’en parle pas mal. Peut-être que c’est le fait que je gratouille tout le temps, mais vraiment tout le temps. Je chantonne, et voilà ! Du coup, parfois il y a un truc et ça marche.. Le fait d’être un peu tout le temps en écoute de choses, c’est qu’on chante et on joue par hasard. Idem pour l’écriture. Enfin moi je crois vraiment à ce truc là. Il suffit juste d’être attentif tout le temps. Il y a pas de nécessité de bosser, simplement de sentir le bon moment ! Je suis feignant c’est pour ça !

Quand à la pochette, elle est signée Vincent Denis (illustrateur, tatoueur lyonnais), plus connu sous le nom de All Cats Are Grey. Etait-ce l’aspect très illustré de ces dessins qui vous a intéressé ?

Benoit : C’est la première fois qu’on fait un vrai choix en fait. Je l’ai rencontré à Lyon parce que j’y ai pas mal trainé ces deux dernières années. Il est très sympa, et moi, je ne le connais pas super bien mais j’ai passé quelques soirées avec lui à des concerts,… Et comme il tatouait pas mal de mes potes à Lyon, et je trouvais très beau ce qu’il faisait, on a commencé à parler de la pochette de l’EP. J’ai montré son travail aux autres et tout le monde a accroché. Il a un style, un trait graphique un peu moderne, et du coup quelque chose d’un peu rock et punk. Il est aussi beaucoup influencé par l’iconographie médiévale qui apporte un côté ancien et en fait son style. Il y a déjà un petit peu l’ambivalence de Metz en gros puisque c’est une ville un peu vieille, très bourgeoise au milieu d’une région pleine de ferraille. Il y a un anachronisme tout le temps, du coup on a bossé comme pour un tatouage. On lui a chacun envoyé des références qui nous plaisaient et faisaient penser à Metz ou à Grand Blanc. C’était que des trucs qu’on aurait pu se faire tatouer indépendamment, mais au final, il y a toujours un travail de composition même si au bout d’un moment, les tatouages, il faut les agencer. J’imagine qu’on fait toujours le suivant en fonction du précédent, du coup, on l’a laissé composer et recomposer sa ville imaginaire puisqu’il n’avait jamais vu Metz. C’était marrant de ce côté-là car il avait tout pour se l’imaginer mais il ne l’avait pas vu. Je crois qu’il ne l’a toujours pas vu d’ailleurs et qu’il s’en fout ! Ouais, je suis loquace ! (rires)   

GB Artwork

Crédit : © Vincent Denis

A présent, êtes-vous prêts à vous pencher sur l’écriture d’un album? 

Camille : On commence, on commence… Cet été on s’est vu pendant une dizaine de jours avec Nathan, Luc, Ben et Vincent et on s’est enfermé dans une maison ou on a commencé à lancer des bribes comme ça. On a achevé aucun morceau pour le moment.

Benoit : On prépare une chanson sur les kebabs ! (rires) et l’envie de voyage.

Camille : Et là, on va profiter du mois d’octobre pour continuer. En fait, l’idée ce serait de sortir notre truc en 2015.

Benoit : Ouais, vers l’automne 2015, histoire de bien finir l’année.

Avez-vous eu des idées pour l’écriture de votre album durant la petite tournée que vous avez effectué ?

Camille : Tu veux dire des anecdotes de tournée ?

Oui, des anecdotes qui vous aurez donné des idées, un thème pour un morceau.

Vincent : En fait, on a pas été beaucoup sur la route et comme disait Ben, lui il écrit un peu tous les jours.

Luc : On a pas vraiment pris la route non plus. On commencera en Novembre.

Camille : On fait des concerts comme ça un par un. On en a pas mal fait à Paris et Metz d’ailleurs et on aimerait bien continuer à bouger autre part. C’est ce qui va se passer courant Novembre / Décembre je crois. On a seulement fait Clermont-Ferrand, Montauban et Bordeaux, sinon c’est essentiellement Metz et Paris. On a bien des anecdotes de route à chaque fois mais…

Luc : Ba… Les caterings c’était cool ! (rires)

Vincent : Ils défoncent les catering en général !

Benoit : A part ça, c’est certain que ça changera quelque chose le jour où ça sera un peu plus devenu un mode de vie. Il y a beaucoup de gens qui nous disent que les tournées c’est pas forcément facile mais au final ça offre une très bonne expérience et je pense que c’est un truc qui te déphase un peu. A mon avis, une fois que ça rentre dans ta vie, effectivement ça te fait voir les choses autrement et tu peux commencer à écrire des chansons avec. Après, vu que ce qu’on écrit n’est pas trop narratif, on va pas raconter une bonne blague de station service au bout de trois concerts, ça, c’est sûr, mais ça comptera forcément. Tout ce qui s’est passé depuis deux ans contribue à écrire les chansons de toute façon.

Nous vous laissons avec le clip Degré Zéro, titre disponible sur l’EP :

 

Retrouvez Grand Blanc en concert aux dates suivantes :

Mardi 4 Novembre : Le Petit Bain – Paris (75)
Samedi 8 Novembre : La Cave A Musique/ Cavazik – Macon (71)
Vendredi 14 Novembre : Théâtre Le Poche A Bethune – Bethune (62)
Vendredi 21 Novembre : Sonic Visions Festival – Rockhal – Luxembourg
Vendredi 5 Décembre : Transmusicales – Musikhall Parc Expo – Rennes (35)

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