Rencontre avec Jen Onesailor

Entretien avec l’une des finalistes de la sélection auvergnate des iNOUïS du Printemps de Bourges !

A l’occasion de la sélection auvergnate des iNOUïS du Printemps de Bourges, organisée le 10 janvier dernier à Clermont-Ferrand, Les Insouciants a pu s’entretenir avec l’une des candidates, Jen Onesailor. Entre ses passions pour l’électro et l’architecture d’intérieur, la productrice d’origine italienne nous a ouvert les portes de son univers à quelques heures de présenter son projet Transparency Live au public venu nombreux.

Jen Onesailor. Crédit photo: Florent Giffard

Jen Onesailor. Crédit photo : Florent Giffard

Les Insouciants : Peux-tu me dire en premier lieu, si tu es stressée ou détendue afin de défendre ta place pour le Printemps de Bourges ?

Jen Onesailor : On ne va pas dire que je suis détendue, on ne va pas dire que je suis stressée non plus, parce je me suis préparée. Mais oui, il y a un enjeu assez important, c’est la première fois que je participe et que je présente mon nouveau projet.

LI : Tu as un nouveau live qui s’appelle Transparency Live, es-ce que tu peux le présenter en quelques mots ?

JO : En fait, Transparency Live c’est un projet qui est né d’une identité visuelle, de fabrication d’un praticable, d’une scénographie modulable. Le praticable c’est l’objet sur lequel je joue. Il est transparent, en plexi, avec des LED à l’intérieur. La composition est telle que c’est comme si je jouais sur quelque chose en lévitation. Le socle de ce triangle / pyramide inversée, est un cube noir. Et de là, j’ai décliné l’univers visuel en fond de scène.

LI : Tu jongles ta passion pour l’électro et ton métier d’architecte d’intérieur. Ce qui donne un univers assez unique, c’est surtout pour te démarquer des autres artistes électro ou pour te créer une identité bien à toi ?

JO : En fait l’identité est déjà dans les morceaux et pour le visuel j’avais envie de choses oniriques qui soient différentes de ce qu’on peut voir déjà. Pas de choses basées sur le rythme électronique, je voulais avoir un vrai décor à l’arrière, qui ne va pas forcément m’occulter mais qui va simplement mettre en valeur : un peu comme le décor dans un théâtre. Donc oui, j’aimerais bien que le projet émerge, qu’il sorte du lot, qu’il soit différent de mes confrères.

 

« J’aime bien les sons entêtants donc je travaille un peu comme ça, et après je mets tout ensemble et j’harmonise »

 

LI : Mais alors, pourquoi tu as choisi ce pseudo « Jen Onesailor », peux-tu expliquer l’origine du nom ?

JO : « Jen » tout simplement parce que c’est le diminutif de mon prénom ! (rires). Et « Onesailor » c’est en rapport au Japon. Je suis partie là-bas pendant un mois environ et j’étais assez étonnée de voir des gens qui vivent autant dans la rigueur. J’étais basée à Tokyo, Shibuya, et donc ensuite je voyais les jeunes se lâcher le soir. C’était un peu une référence au sailor fuku, le vêtement de l’écolière : cette contradiction entre rigueur et lâcher-prise, tout comme la construction de ma musique.

LI : Comment tu construis cet univers avec tes inspirations, tes voyages ? Quelles sont tes sources ?

JO : Je travaille essentiellement avec des machines électroniques, une MPC, un clavier Micro Korg et un ordinateur portable. Généralement je compose d’abord des sons qui me plaisent, des boucles souvent, énormément de rythmiques et de répétitions. J’aime bien les sons entêtants donc je travaille un peu comme ça, et après je mets tout ensemble et j’harmonise.

LI : Et ton système de compo, as-tu des manies, des habitudes ?

JO : Ouais ! Après j’ai des phases de créa comme tout le monde, où il y a des moments où je me focalise vraiment sur un son parce que j’ai démarré la musique avec une grosse influence rap, hip-hop et du coup j’ai démarré la musique avec la MPC et les samples. Dès que j’entendais quelque chose, il fallait que j’en fasse une musique et c’est plutôt ça ma manière de créer, c’est vraiment un son qui va me donner envie de faire un travail, et je vais tout de suite le prendre, le choper.

Crédit photo : Florent Giffard

Crédit photo : Florent Giffard

LI : J’ai vu que tu faisais partie d’un collectif clermontois qui s’appelle Classical, peux-tu évoquer ce concept pour ceux qui sont non-clermontois surtout ?

JO : Classical c’est un collectif qui a débuté en 2008 et je suis rentrée en 2009. On fait tous de l’électro. C’est un collectif de producteurs essentiellement ; il y n’a pas de DJ. C’est grâce au collectif que je suis montée sur scène. Ils m’ont fait confiance au début sur les premières dates. Au départ, je faisais juste de la production chez moi et pas de live. Mais quand tu ne fais pas de DJ Sets, tu n’es pas introduit dans le milieu des clubs, donc personne ne sait ce que tu vaux. Avec le collectif, on s’est rencontré, on a tout de suite eu un bon feeling et c’était un bon début pour mettre le pied à l’étrier. Le collectif est devenu aujourd’hui un label, basé désormais à Lyon.

LI : Mais pourquoi tu as bougé de Lyon, ta ville natale ?

JO : Je suis née à Lyon. Mes parents sont italiens immigrés, donc on est arrivé à Lyon, puis on est parti à Clermont pour le travail de mon père. J’ai donc fait mes études d’architecte à Clermont, puis à Lyon, avant de revenir à Clermont-Ferrand et de m’y installer définitivement. J’aime bien cette ville…

LI : Mais qu’est ce que tu aimes bien dans Clermont ?

JO : Quand je suis arrivée je la détestais parce que de Lyon je suis passée à l’Allier (Vichy), c’était tellement différent. J’étais Vichyssoise dans l’âme. J’ai enfin adopté cette ville (Clermont), ses murs noirs… Je me sens bien ici : il n’y a pas énormément de monde et c’est une ville qui fait bon vivre, plus familiale que Paris ou Lyon.

Crédit photo : Florent Giffard

Crédit photo : Florent Giffard

LI : J’ai vu que tu étais finaliste à un tremplin électro (BPM Contest, ndlr) en 2014, cela t’a apporté quoi, à part de la reconnaissance ? D’autant plus que le tremplin était parrainé par Teki Latex…

JO : C’était génial, j’ai rencontré des gens vraiment sympas, toute l’équipe qui avait réalisé ça, le label Roch Music, c’était vraiment bien ! J’ai aussi rencontré Teki, d’autres artistes sur place avec qui on a toujours contact. J’ai joué dans des endroits où je ne pensais pas jouer au départ, mon travail a été apprécié et Roch Music a sorti mon titre Sogno sur leur label. Aujourd’hui on prépare un EP pour le printemps… Je n’ai pas gagné le BPM mais j’ai gagné des bonnes rencontres !

LI : Mais pourquoi appelles-tu tes titres avec des noms italiens, sûrement pour rappeler tes origines ou pour autre chose ?

JO : Au départ, j’ai écrit deux versions de Sogno. La première était vraiment un rêve entêtant, Sogno di Te avec une voix inquiétante. Le début du live commence par des orgues, une ambiance un peu dark. Et après j’ai décliné le deuxième Sogno di Te, mais les autres tracks n’ont pas de connotations italiennes, juste une petite touche !

LI : Quel est ton disque du moment, tes tracks que tu voudrais faire partager ?

JO : À vrai dire, j’étais enfermée dans une cave en ce moment, avec le boulot. Pour les tracks du moment, je réécoute beaucoup de choses, des influences comme Yello Magic Orchestra un vieux groupe japonais des années 70. Je n’ai pas forcément de coup de cœur actuel, je viens de terminer une phase de créa et quand je suis dans ces moments-là, je suis concentrée.

LI : Et des livres, des films favoris ?

JO : En livre, Voyage au centre de la Terre et en film, Faster Pussycat KISS KISS.

LI : La mode ?

JO : Alexander McQueen et Andrea Crew.

LI : Un message à faire passer aux lecteurs des Insouciants ?

JO : La démarche de voir des artistes qui tournent en indé est super, parce qu’on a besoin de gens qui s’intéressent à nous ; pas des grosses machines qui font beaucoup de promo ou des choses très commerciales. C’est un plus, c’est agréable !

Crédit photo : Florent Giffard

Crédit photo : Florent Giffard

Nous remercions le staff de ce nouveau projet live de Jen Onesailor, ainsi à ceux qui ont permis cette collaboration artistique : le collectif Classical, fondé par Benoît Perret, alias Mr Nô; le photographe Florent Giffard et l’équipe des cadreurs, réalisateurs et monteurs de The Walking Box; Sarah Alcalay pour la conception du logo visuel de Jen Onesailor; Fabien alias Jolly Fellow pour la technique du son; la motion designer Camille Bondaz pour la création des vidéos visuelles du live; Hannah Alcalay à la direction artistique visuelle du live et des tableaux fixes (ainsi que pour sa gentillesse !); et les structures locales comme Clermont Communauté, la Coopérative de Mai, le Baraka et le Tremplin.

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