[Review] Wolf Alice – My Love is Cool

Et si c’était la bande-son indispensable pour cet été ? 

Crédit photo : James A. Grant - Source : Page Facebook de Wolf Alice

Crédit photo : James A. Grant / Source : Page Facebook de Wolf Alice

Attention, l’été va être chaud. Très chaud même. Et ce premier album de Wolf Alice ne promet pas de faire diminuer la température. Ellie, Joff, Joel et Theo ont concentré 48 minutes d’ouragan, aux sons grunge-pop sauvage et tendre. Le disque est produit par Mike Crossey, connu pour ses travaux comme les premiers albums de Jake Bugg ou d’Arctic Monkeys. A l’heure ou nous écrivons ces lignes, le groupe est sur le point de décrocher leur premier #1 dans les charts britanniques. Un beau chemin parcouru depuis leur création il y a cinq ans. Et évidemment, leur amour est vraiment cool : la preuve en 12 titres.

Tout commence avec l’éclatant Turn To Dust, sombre, beau comme la nuit. Les guitares acoustiques s’accordent avec la chaleur décadente dont dégage ce morceau au goût sucré. Une introduction ténébreuse pour une première partie de disque prometteuse. L’emblématique Bros prend le relais, dans une nouvelle version plus agréable à l’écoute, plus pop. Les influences musicales sont riches : Lush, Elastica… . On revient alors vingt ans en arrière, quand le phénomène britpop avait pris d’assaut les classements de disques et des médias. Mais revenons à Bros, évoquant les histoires d’amitié entre enfants. Ellie fait même un clin d’oeil à Sadie, son amie d’enfance et anciennement bassiste au sein du groupe.

La suite des festivités s’annonce excitante et merveilleuse : le pop-grungy Your Loves Whore, nous renvoie dans les nineties, avec sa mélodie additive et inspirée des Smashing Pumpkins ou Hole. You’re a Germ confirme le signal de la tempête : c’est frais, ultra teenage et transpirant l’amour du rock n’roll. Lisbon nous régale avec ce rythme transcendant, les déstructurations vocales d’Ellie au moment du pont final, et nous entraine à danser comme si demain n’existait pas. Puis la douce mais dure Silk lui succède. En l’écoutant, on peut distinguer deux faits : la première partie est certes difficile à faire décoller, la seconde monte dans les puissances et se conclut par une explosion forte de batteries durant le refrain final.

L’ensoleillée Freazy retentit, et nous amène direct en Californie, avec une mélodie à faire pâlir les palmiers et autres paysages idylliques. Et le côté fauve du quatuor reprend le dessus dès les premières notes de Giant Peach, où on retrouve ce qui fait en grande partie l’ADN musical de la formation : des anthems pop-grungy vifs, à la fois sombres et colorés. Voilà pourquoi nous adorons ce titre, surtout son final obscur emporté par la voix montante en force d’Ellie. La harmonieuse Swallowtail s’accompagne de la voix de Joel, batteur du groupe. Ici, les guitares acoustiques s’associent avec la froideur des guitares électriques pour créer une ballade mélodieuse et brumeuse.

L’écoute se poursuit avec les très bons Soapy Water et Fluffy, deux de nos titres fétiches de cet opus. Le premier est une ballade pop-grunge mélancolique, portée par la voix tragique d’Ellie. Quant à la seconde, plus ancienne (la première version est sortie il y a deux ans), elle bénéficie du même traitement que Bros, à savoir plus produite et plus énergique. The Wonderwhy conclut le disque, d’un noir lumineux, entre grunge lo-fi et pop velours, avant de terminer définitivement par une piste bonus acoustique après une minute d’attente.

Malgré des petits défauts, comme une durée trop longue sur certains titres par exemple, il s’avère tout de même que le premier effort des anglais est très bon et dégage une certaine chaleur exquise. L’ensemble de l’album est efficacement bien produit, et prend une nouvelle dimension au moment des lives.

[EDIT 26/04/16] Il y a quelques mois, le quatuor britannique a publié une réédition de ce premier album, avec des titres présents sur leurs anciens EPs et de B-Sides. Quelques-uns sont toujours joués en live à ce jour : on peut citer Moaning Lisa Smile, Blush, Storms ou She. Un des EPs (Creature Songs) a été d’ailleurs chroniqué sur notre site en 2014, que vous pouvez retrouver sur ce lien. Des compositions simples, parfois chargés de nostalgie, mais musicalement si envoûtants. Entre le tourbillon 90 Mile Beach et le mélancolique Blush, les anglais prouvent une nouvelle fois qu’ils en ont encore sur la semelle.

Outre des titres un peu plus connus en live maintenant, c’est l’occasion de découvrir leurs premières chansons datant de leur tout premier EP publié en 2012. Seule survivante pour la réédition (elle fera office d’un B-side pour le single Bros l’année suivante), Every Cloud sort d’une rêverie dream-pop, comme un dimanche matin printanier, aux sons psychédéliques au bord du shoegaze. Dommage que Wednesday ou Destroy Me n’ont pas eu le même destin. Avec sa douceur inouïe et sa pop lazy, White Leather aurait pu figurer sur le premier LP. Néanmoins, elle sera publiée en tant que B-side de Fluffy en 2013. La très rock déstructurée Leaving You complète la récente galette sortie pour le dernier Record Store Day américain il y a quelques jours.

Artwork du vinyle sorti pour le Record Store Day - Crédit photo : Eden Sailor

Artwork du vinyle sorti pour le Record Store Day – Crédit photo : Eden Sailor

Cette réédition, fera sûrement le bonheur des fans de la première heure ou arrivés avant/après la sortie de l’album, comme les curieux voulant connaître les prémices de ce quatuor qui n’a pas fini de nous faire rêver…

Pistes à écouter : Your Loves Whore – Lisbon – Giant Peach – Soapy Water – Fluffy – Blush – 90 Mile Beach – Every Cloud

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