Rencontre avec Why Mud

Les Insouciants ont discuté avec les 4 parisiens de Why Mud

11947450_502033656629501_7487839195809159620_n

© Etienne Trcrd

Les Insouciants suivent Why Mud depuis leur début, de leur EP à leur premier album, Adam & Joe, en passant par des concerts parisiens, il ne nous restait plus qu’à les rencontrer. C’est maintenant chose faite!
Le rendez-vous était donné dans un studio à Boulogne, en région parisienne.
Retour sur un entretien dans une ambiance décontractée.

Les Insouciants: On va commencer avec le nom du groupe; pouvez-vous nous en dire plus?

Roland: Pourquoi on s’appelle Why Mud? A la base, on s’appelait juste Mud. Au début, j’avais envie d’avoir un nom ultra court, ultra simple à retenir et graphiquement joli; je trouvais que Mud, c’était cool.
Camille: C’est joli aussi parce que c’est équilibré; trois lettres, le U au milieu.
Roland: Avant, c’était même M.U.D. Je voulais que ce soit graphique. Le problème, c’est qu’il y avait un nombre de trucs qui s’appelaient Mud; c’était pas possible. On a fait un tremplin à un moment donné, il y avait un groupe qui s’appelait Muds avec un S. Il y a un film qui était sorti, il y avait même un jeu vidéo qui s’appelait Mud. Il y a aussi un groupe des années 70 qui s’appelle Mud. Et du coup, on s’appelle Why Mud. Et je trouve ça encore plus joli parce que c’est encore plus graphique, le W et le M, c’est quelque part la même lettre, mais inversée. Et ça fait trois lettres aussi.
Loïc: C’est surtout qu’on savait pas pourquoi c’était M.U.D; on essayait de trouver des mots à chaque lettre. On se demandait toujours pourquoi M.U.D? Et donc, on est devenu Why Mud.

Mais du coup, il n’y a plus les points?

Camille: Non, en plus c’était casse-pieds, même pour la recherche du groupe, les points c’était très casse-pieds.

Et au niveau du sens, de la traduction?

Roland: Est-ce qu’il faut un sens? Est-ce qu’il faut chercher la vérité?
Camille: Je pense que le groupe qui s’appelle Maïs, ça n’a pas de sens…

Camille: Le groupe qui s’appelle Korn

Oui, mais c’est avec un K.

Camille: Oui, mais ça ne veut absolument rien dire.

Et il n’y a pas de point d’interrogation non plus à Why Mud?

Roland: Pas de point d’interrogation parce que c’est pas une question.

737147_291718167661052_7474876238870641613_o-1024x683

Vous vous êtes rencontrés comment?

Roland: Avec Antoine, on se connait depuis très longtemps, depuis qu’on est petit.
Antoine: Il sortait avec ma grande sœur, du coup on s’est rencontré comme ça. On a commencé à faire de la musique ensemble, parce qu’on jouait tous les 2 de la guitare. Après on a voulu faire un groupe, qu’on a fait avec 3 potes. On est venu répéter ici, on a rencontré Camille, on n’avait pas de batteur donc il est venu jouer avec nous. On a fait longtemps de la musique, il (Roland) est parti en Australie, il a composé un album, il est revenu. Le groupe a splitté pendant qu’il était en Australie; les autres membres du groupe ont fait des trucs de leurs côtés. Et il (Roland) nous a rappelé, Camille et moi; on n’avait pas de bassiste, du coup on a appelé Loïc.
Roland: Pas mal!
Camille: On fait pas assez de dédicace, il faudrait les citer un peu, on dit jamais qui c’est. Tu les intervieweras peut-être bientôt; je t’encourage d’ailleurs à écouter ce qu’ils font. Ils s’appellent Twlve. C’est un groupe de psyché stoner surf, et shoegaze!
Roland: Et ce premier groupe qu’on avait quand on était au lycée, ça s’appelait Dasko, et il n’y avait que des guitares. On était 5 à jouer dedans, et on était 5 guitaristes. C’était n’importe quoi! Donc, quelque part, c’était obligé que ça splitte. Le batteur était un guitariste, on s’échangeait la basse parce que personne voulait la basse, c’était trop drôle. A un moment sur un morceau, je jouais de la basse alors que je chantais, je savais pas jouer de la basse, c’était terrible. De toute façon, il faut passer par là, il faut faire de la merde! C’était du blues rock, un peu à la White Stripes, mais il y avait déjà la volonté de mettre des trucs compliqués, je me rappelle.
Antoine: Il y avait de tout, il y avait même un morceau reggae!
Roland: Et Loïc avant, il avait un groupe pendant les Rock’n’roll Friday au Gibus, et le guitariste de ce groupe-là sortait avec la sœur d’Antoine.
Antoine: J’ai deux sœurs!
Roland: Une grande histoire de famille!
Loïc: A l’époque, sa copine – donc sa grande sœur – cherchait un groupe qui avait de la gueule, et elle m’a dit, il y a Roland qui est revenu d’Australie, il est en train de monter un truc. On s’est rencontré dans un bar, on s’est trop marré, et une semaine après, c’était la première répète avec eux.
Camille: Première répète, et premier concert le surlendemain!
Roland: C’est une anecdote qu’on aime bien raconter: notre première concert, on n’avait jamais, tous ensemble, fait de répète. Moi j’avais répété avec Antoine et Camille. J’avais répété avec Loïc. Et on s’était retrouvé sur scène en mode GO! C’était un tremplin qu’on a failli gagner. Le jury avait trop kiffé.

« Alors, tu ne passes pas sur MTV, peut-être que tes clips font que 100 000 vues, c’est peut-être un petit score, on va pas faire des millions. Mais 100 000 vues, tu vis, tu tournes, tu fais des SMAc, tu fais pas des Zénith »

C’était quand ça?

Camille: C’était janvier-février 2013.
Antoine: On n’aurait pas mérité de gagner.
Camille: La proposition était intéressante, mais on l’a mal faite. Ils ont reconnu qu’il y avait un truc…
Roland: Ah ouais! On voit où vous voulez aller, mais tout de suite, ça va pas.
Camille: Achetez-vous des pédales, trouvez-vous des sons de guitare…Et c’est ça qui a fait la différence finalement.

Vous avez chacun quel parcours?

Roland: J’ai eu un parcours éclectique. Après le bac, j’ai fait une école post-bac un peu à la con dans laquelle je suis resté 1 an et demi, et évidemment je me faisais hyper chier. Et un jour devant mon école, je me rappelle, j’écoutais Radiohead, There There, et je me suis dit, il faut que j’arrête, il faut que je fasse de la musique. Comme j’avais aucune idée de comment démarrer quoi que ce soit, et que j’avais la pression des parents, donc je me suis dit qu’il fallait que je parte pour me faire mes propres idées. Et donc je suis parti 2 ans en Australie, après je suis revenu et j’ai fait une école d’ingé son. Sinon, j’ai fait 7 ans de jazz manouche, j’avais un quartet.
Camille: Un jour, on fera un morceau et tu nous caleras un petit solo de jazz manouche.
Roland: Je me rappelle j’en avais calé sur les premiers enregistrements.

Camille: Moi, j’ai fait des études de paysagiste; et après j’ai changé pour la batterie. Mais sinon, j’ai une formation CNR Conservatoire classique, je faisais de la clarinette, qui a après bifurqué sur une école de batterie où je suis allée jusqu’au bout.

12814611_569816993184500_2157891809325977651_n

Loïc: Mon père est prof d’orgue et de piano; du coup, depuis que je suis tout petit, je baigne assez dedans. J’ai fait du piano assez tôt, de l’orgue, après j’ai arrêté. Mon père dit que je suis meilleur que lui et que j’aurais du travail, mais j’avais pas envie de faire le même instrument que mon père, et puis c’était mon père qui me donnait les cours. Et mes envies musicales allaient plus vers le rock, mais j’avais la flemme de rapprendre de zéro un instrument assez compliqué, donc je me suis dit, le meilleur moyen c’est la basse. J’avais 13 ans, je me disais, je vais prendre 4 cordes, j’aurais pas de prof, j’en avais marre d’avoir un prof derrière mon cul, et j’avais un peu de facilité dans tout ce qui est rythmique, donc j’ai tout fait tout seul, j’ai tout appris à l’oreille. J’avais un premier groupe quand j’étais ado, on faisait de la merde, du punk californien, on n’arrivait même pas à finir un morceau. Après, j’ai eu un autre groupe quand j’avais 20 ans, ça s’appelait Dirty Jacket, on faisait du garage, après ça a splitté. J’ai fait des études de cinéma, je me suis mis à écrire des scénarios, et à un moment, l’envie d’avoir un groupe est revenue, d’un seul coup. Ça allait pas du tout, j’étais déprimé, et c’est donc la sœur d’Antoine qui m’a présenté Roland. Et je me suis dit, voilà, ça vaut le coup. Parce que j’avais pas envie de retourner dans un groupe où il n’y a pas le niveau; j’avais vraiment un niveau de base garage, et j’avais besoin de gens costauds, et envie de bosser avec des musiciens qui font vraiment de la musique. Des gens impliqués en fait, avant j’étais juste un ado. Et j’avais besoin de mélodies aussi, des trucs complexes, des trucs qui me parlent. Les compos de Roland m’ont plu, donc voilà.
Roland: Ce qui est marrant, c’est que même en venant d’une base garage, tu arrives à faire des mélodies à la basse qui n’ont rien à voir avec ce style-là, et qui sont justement ultra mélodiques. Ce qui est fort avec Loïc, c’est qu’il arrive à créer une mélodie à part entière dans le morceau; parce que moi, quand je pense une basse, je pense une basse qui va avec les accords de façon classique, mais Loïc, il entend pas ça du tout, il entend pas forcément ce qu’on joue, il entend son truc et il joue.
Camille: Et il a des petites notions de scénarios.
Loïc: C’est ça aussi qui m’a parlé dans la musique de Roland, c’était cet aspect filmique. C’est-à-dire que je voyais des images, et en plus ça racontait une histoire, donc encore mieux, je me suis dit, ça me plait. J’aime bien le cinéma.

Antoine: J’ai commencé la guitare à 12 ans. Tout l’inverse de Loïc, j’ai commencé par l’électrique; j’étais fan d’Angus Young, du coup je voulais faire comme lui. Je m’achetais des SG et je faisais des solos devant Garage Band devant mon ordinateur. Et après, à 15 ans, j’ai voulu m’inscrire au Conservatoire, donc j’y suis allé, et j’y suis encore. J’ai fait 3 ans en musicologie aussi. Et je débute en tant que prof de guitare classique.

Vous travaillez tous?

Roland: Je suis ingé son, je suis régisseur d’une salle qui s’appelle Le Réservoir, et je travaille ici au studio pour enregistrer, et je suis des groupes en live.
Camille: Je bosse ici.

« Les paroles pour moi, c’est d’abord du yaourt, un truc qui veut absolument rien dire très souvent, et un texte se crée à partir de couleurs, d’images et de yaourt »

Le but serait de vivre de la musique?

Camille: Évidemment. Après, pas de gagner des 1000 et des 100.
Roland: Le mieux serait de pouvoir faire le tour du monde avec nos guitares dans le dos! (rires) Mais on s’en rend compte que c’est possible. On a des amis qui vivent de leur musique.
Camille: Ils en vivent juste, pas de célébrité; juste un artiste qui tient sa petite niche. Et des petites niches, il y en a partout dans le monde, alors c’est très disparate, mais au moins il y a du public un petit peu partout. Alors, tu ne passes pas sur MTV, peut-être que tes clips font que 100 000 vues, c’est peut-être un petit score, on va pas faire des millions. Mais 100 000 vues, tu vis, tu tournes, tu fais des SMAc, tu fais pas des Zénith.
Loïc: Ouais, mais comme ça tu crèves un peu la dalle.
Antoine: Non parce que tu as le statut d’intermittent; et c’est le but d’un musicien d’avoir ce statut-là.

Vous écoutiez quoi quand vous étiez plus jeunes?

Camille: Michael Jackson, et après je suis passé au métal, comme ça sec, en 2 mois!
Roland: Moi ce que j’écoutais, c’est ce qu’on m’offrait. Mais j’étais fan d’Otis Redding et Jimi Hendrix. J’écoutais aussi beaucoup de jazz manouche parce que c’est ce que je faisais, donc beaucoup de jazz aussi. Et après, j’ai écouté des trucs qui n’avaient rien à voir, mais j’écoutais de la méga pop, j’étais fana de Usher! De la grosse pop américaine bien produite.
Antoine: J’étais fan de ce que mes parents écoutaient, les groupes rock des années 70. J’ai eu que des périodes, période Black Sabbath, période Strokes, période Beatles. Mais en grandissant, on écoute plus ce qui passe aujourd’hui; quand j’étais petit, j’écoutais ce qui passait il y a 30 ans.
Loïc: Au début, j’écoutais de la grosse merde, j’ai honte de le dire mais je le dis parce que je porte mes couilles. Mon père achetait toutes les merdes, parce qu’il reproduisait les partitions pour ses élèves, donc du coup, j’ai baigné dans Spice Girls, 2B3, Aqua. J’avais les CDs, j’écoutais ça, je disais cool, alors que c’était de la merde. Quand je suis arrivé au collège, j’ai mon pote Adrien qui m’a fait découvrir Limp Bizkit et Suicidal Tendencies. Je me suis mis à écouter du punk californien, j’écoutais Blink, Offspring. Après j’ai bifurqué sur du punk des années 70, les Pistols. Il y a eu la grande mode System of a Down, Papa Roach, Deftones. Après j’ai découvert le garage, l’époque Libertines.
Roland: Après, si tu parles de l’époque où on était tout petit, je me rappelle ma chanson préférée, c’était Cher avec Do You Believe.

Et ça a des influences du coup sur la musique que vous faites maintenant?

Antoine: Je pense que c’est plus ce qu’on écoute en ce moment qui influe.
Loïc: Ouais, il y a du Radiohead, du Brian Jonestown Massacre; des influences un peu psyché, vintage.
Camille: Il y a pas mal de 70s et de 90s.
Antoine: De toute façon, le psyché 70s, il y a pleins d’artistes qui font ça aujourd’hui et qu’on écoute beaucoup.

Qui fait quoi dans le groupe?

Roland: Sur Adam & Joe, les compositions viennent principalement de moi; ce sont des compositions que j’avais faites en Australie. Mais au fur et à mesure qu’on travaillait ces compositions, qu’on faisait notre son, qu’on répétait, très souvent de ces moments de bœuf sont nées des chansons qui sont restées, comme Somebody Do Something; Antoine faisait ce petit riff, c’était juste un bœuf et on en a fait une chanson. Eager to Burn, on était chez moi, j’avais acheté une nouvelle pédale que je trouvais trop cool et je faisais des bruits avec, et Antoine faisait des sortes de petites cocottes.

Qu’est-ce qui vient d’abord, la musique ou les textes?

Roland: C’est la musique. Et la musique me fait venir des couleurs, des images, et très souvent du yaourt en fait. Les paroles pour moi, c’est d’abord du yaourt, un truc qui veut absolument rien dire très souvent, et un texte se crée à partir de couleurs, d’images et de yaourt. Ça m’arrive très rarement d’écrire un texte en premier et de mettre la musique après. Comme ça m’arrive très rarement d’écrire un texte avec un thème à la base, même jamais.

Pourtant, dans Adam & Joe, il y a une histoire?

Roland: Oui, mais tout nait de rien, d’images et de couleurs; j’ai toujours tendance à partir un petit peu trop loin, et là c’était le cas. Là, à un moment donné, j’avais envie de dire Joe dans une chanson, et à un autre moment j’avais envie de dire Adam dans une chanson. J’avais envie d’entendre ces mots-là et je me suis rendu compte qu’avec toutes ces onomatopées, ces paroles déconstruites, il y avait un fil linéaire et une histoire qui se créait, et j’ai donc pensé au concept de l’album et l’idée directrice. L’idée de base d’écrire une histoire, au-delà de la musique, c’est quelque chose qui m’a toujours énormément attiré; j’avais même l’idée de parler de cette dualité humaine vraiment à la toute genèse du truc, mais sans avoir aucune idée sous quelle forme. Et c’est vraiment dans les paroles que l’histoire s’est créée, dans ces espèces de moments où j’ai envie d’entendre quelque chose, et je me rends compte que ça, ça raconte ça.

Et pourquoi en anglais?

Roland: Parce que j’étais en Australie, je parlais en anglais, j’ai toujours été attiré par la musique en anglais. Je trouve l’anglais plus aisé au chant, dans mon oreille le français correspond mieux à la poésie. Quand il est parlé, le français, je le trouve très beau, mais je le trouve trop raide et dur à l’écoute quand il est chanté. J’écoute jamais de musique en français, je n’écoute pas de chansons françaises, sauf des grands trucs, genre du Gainsbourg. Et même Gainsbourg, il chante pas vraiment, c’est de la poésie. Ce qui m’attire principalement, c’est la mélodie, et pour supporter la mélodie, je trouve le français trop raide.
Antoine: En même temps, ce serait pas facile de partir d’onomatopées pour enchainer avec des paroles en français derrière.
Roland: Mais c’est marrant parce qu’en ce moment, comme on pense à la suite d’Adam & Joe, et que je suis en France, il y a pas mal de trucs qui me viennent en français.

Ce sera un album plus classique?

Roland: Classique dans quel sens?

Sans histoire?

Roland: J’en sais rien.
Camille: On en parlait il y a pas longtemps. Ça viendra si ça viendra, et sinon on la forcera pas.
Roland: On n’a pas créé de groupe pour faire des histoires; la chose la plus importante, c’est le feeling, ce qu’on sent, qu’est ce qui vient ou qu’est ce qui vient pas justement. Et on va surtout pas commencer un processus d’album en se disant, faut absolument faire une histoire; ça serait pas naturel, ça serait forcé. Ce serait moins bien. On serait en train de courir après un truc qu’on a déjà fait. Ce qu’il faut garder en tête, et dans le cœur, quand tu fais de la musique, c’est de faire des choses parce qu’elles nous plaisent et qu’elles viennent comme ça. Et non pas parce qu’il faut raconter une histoire absolument.

Il y a eu beaucoup de temps entre l’EP et l’album?

Roland: Oui, il y a eu beaucoup de temps. Mais officiellement, pour nous, cet EP, il n’est pas sorti. C’est des morceaux qui sont sur l’album évidemment. On était un peu à la genèse du groupe, on était très pressé, et on avait surtout envie de faire le plus de concerts possible. Et pour pouvoir faire des concerts, il fallait pouvoir démarcher les salles, et donc il fallait présenter des sons. Cet EP, quelque part, c’est plus des maquettes, de l’enregistrement un peu rapidement en studio, mixé rapidement, on a ça à présenter, c’est ce qu’on fait, voilà. Mais du coup, on en parle pas trop.
Antoine: On peut même plus le trouver sur internet.
Camille: Les versions sont différentes, pas forcément bien mixées…
Antoine: Nan, c’est le bordel! Clear, la fin est moche!

Pochette

Vous pouvez nous parler de la pochette de l’album?

Roland: C’est un ami à moi qui est photographe, qui s’appelle Julien Soulier, qui a pris cette photo en Écosse dans un de ces voyages. Il l’avait posté sur Facebook, et j’ai trouvé ça absolument parfait. La photo correspond complètement à l’univers que j’ai en tête; on ne sait pas où c’est, il y a une maison isolée dans un paysage naturel et très peu touché par l’homme, il y a juste une sorte de petit enclos avec 3 arbres dedans. Ça me parlait vraiment et je trouvais que ça correspondait beaucoup aux images qui me venaient quand je pensais à l’album.
Loïc: On voulait se faire chier à dessiner une pochette qui représentait l’histoire, et puis en fait on n’y arrivait pas, à se mettre d’accord, même à trouver une idée. Donc on est revenu à cette photo, qui était la photo de l’EP.
Roland: Pour la sortie de l’album, on a cherché un nombre d’idées pour la pochette en se torturant l’esprit, vraiment. On avait engagé un graphiste, qui nous a fait un travail…
Antoine: Il a juste fait ce qu’on avait demandé, mais ce qu’on avait demandé, c’était naze!
Roland: Ok, on avait certes demandé quelque chose avec assez peu de directives, ou alors trop justement, je sais pas…
Antoine: Et c’était 15 jours avant d’aller au mastering, et on se disait qu’il nous fallait quelque chose.
Camille: Et la photo n’avait pas beaucoup tourné.
Loïc: Et dans l’histoire, ça représentait cette maison qu’ils reconstruisent ensemble dans la réconciliation.
Roland: Je crois que j’ai encore la première version du graphiste…
(oui! nous l’avons vu cette fameuse pochette qui n’est jamais sortie!…)
Antoine: On n’aurait rien trouvé de mieux que cette photo de toute façon.

Au niveau des clips, il n’y a pas de lien avec l’histoire par contre?

Roland: Non, parce qu’on n’est pas des gars qui font de la vidéo. On n’est un peu nul là-dessus.
Camille: C’est surtout qu’on n’a pas le budget! On a plein de gars autour de nous qui pourraient nous faire des bons trucs, mais comme on a jamais mis de la thune là-dedans.
Loïc: Mais avant de mettre la thune, je crois qu’il faudrait qu’on se trouve une identité visuelle.
Roland: Peut-être pour le deuxième album, qui sait?… Mais après, les vidéos qu’on a sorties, je les trouve cool. J’adore Sush Shelter, je trouve ça trop cool. J’adore aussi Somebody Do Something; c’est un making of de l’enregistrement, j’aime bien qu’on ait cette image de nous, parce que c’est vraiment la façon dont on travaille et la manière de vivre un peu notre vie. Je trouve ça sympa de communiquer ça.

Et il n’y aura pas d’autres clips?

Roland: Sur Adam & Joe, non. On avait des idées, mais manque de temps et d’argent.
Loïc: On devrait faire un truc d’animation, ça passerait trop bien.

Le futur projet maintenant, c’est un deuxième album alors?

Camille: C’est composer.
Loïc: Aussi tourner beaucoup avec cet album; on a envie de faire des grosses scènes. On a peut-être un plan Outre-Manche pour juillet.
Antoine: Et quand on dit tourner, on dit aussi autre part qu’à Paris. C’est notre principal souhait.
Loïc: Et à côté, continuer à enregistrer.
Roland: On sait pas encore si on va faire un album, si on va faire un EP; ce qui est sûr, c’est qu’on a beaucoup d’idées, beaucoup de matière. Et là, il faut qu’on arrive à concentrer tout ça, faire une sélection des meilleurs. Mais moi, j’ai toujours envie de faire des albums. Les gens te disent, aujourd’hui il faut pas faire des albums, les gens n’ont pas le temps d’écouter, je suis désolé mais je n’ai eu que la preuve que si, les gens qui viennent nous voir et qui nous disent qu’ils ont adoré l’album, parce qu’il y a une histoire, parce qu’on va plus loin que la musique. C’est une preuve que les gens se posent et écoutent.
Camille: Mais ça n’empêche pas que si on a un titre, on le sort, et comme ça au compte goutte, et tout d’un coup, tu en as 10 et voilà, il est là.

Il y a des dates de concert de prévues?

Camille: Il y a une date en septembre, aux Trois Baudets; le 7 septembre, je crois.
Roland: Et donc, on va peut-être partir en juillet, mais rien de sûr.

Les 2 dates au Bus Palladium, c’était un bon souvenir?

Roland: La première date, j’ai pas un hyper bon souvenir. Mais même les 2 dates, je me suis trouvé un peu tendu. Ce qui était cool, c’est que les 2 fois étaient très rock, donc c’était un bon bordel, et ça c’est toujours appréciable! La Release, c’était vraiment cool, mais la première date, j’avais trop stressé. Mais ça ne fait pas partie de mes meilleurs concerts.
Camille: J’aime bien, mais je me trouve pas bien au Bus, sur scène. C’est trop étriqué.
Roland: Ils mettent les sub (les enceintes qui font les fréquences graves) sous la scène, et tout tremble! Donc quand Loïc fait une note de basse, j’entends plus rien!
Loïc: Moi, je suis content. Meilleur concert! (rires) Ce que j’aime bien là-bas, c’est l’ambiance du public; ils ont envie de s’amuser, ils applaudissent, ils dansent presque.
Camille: Mais c’est assez étriqué, c’est pas si grand sur scène. Moi, j’avais une mini estrade, mais vraiment mini.
Roland: Mes dates préférées, moi, ça reste les toutes petites salles. Je me rappelle on avait joué au Buzz, c’est une espèce de salle pourrie à Belleville, on joue sur l’équivalent d’une table, on finit tous trempés de sueur. C’est génial!

DSCF6813

Si vous aviez l’occasion de collaborer avec quelqu’un, ce serait avec qui?

Roland: J’ai pas la moindre idée…
Camille: Moi j’adorerais faire un truc avec Jack White. Il a une bonne touche mélodique.
Roland: Un bon Josh Homme.
Loïc: Jack White, c’est plus la classe quand même.
Roland: C’est quand même très difficile comme question.
Camille: En vrai, j’adorerais qu’un mec arrange l’album comme un gars qui a arrangé les Beatles, ou même celui qui a arrangé Serge Gainsbourg. Je retiens aucun nom…

Le dernier concert auquel vous ayez assisté?

Roland: Radiohead au Zénith.
Antoine: Tame Impala au Zénith.
Camille: Andrew Bird au Trianon. C’était incroyable. Je crois que j’ai jamais vu un mec qui siffle aussi bien!
Loïc: Motorhead. Ça fait un bail…C’était il y a un an.

Et si vous deviez choisir…

Beatles ou Rolling Stones?

Tous: Beatles!
Loïc: Parce que les Beatles, c’est des vrais…
Camille: Musiciens!
Loïc: C’est eux les rebelles; on les a fait passer pour des fils à papa, alors que c’est le contraire.
Antoine: Il n’y a même pas de guerre entre les deux.
Loïc: Ils se filaient des musiques entre eux. Et il y a un super fan qui disait qu’ils faisaient même attention à ne pas sortir leurs tubes en même temps, ils avaient des accords entre eux.
Antoine: Et dans le clip sur un plateau télé de All You Need Is Love, il y a Mick Jagger qui est là, assis, en train de regarder les Beatles. Et il y a des photos quand ils sont allés en Inde, et il y a toujours Mick Jagger qui est derrière.
Roland: Ce qui transparait dans la musique des Rolling Stones, et moins dans la musique des Beatles, c’est la bonne humeur; c’est le premier groupe à avoir fait passer le feeling et la cool attitude avant même la musique. Alors que les Beatles, c’est un peu l’inverse en fait. Les Beatles étaient les premiers à enregistrer sans penser au live; ils se sont dit, on va arrêter de faire des lives parce que de toute façon, on entend rien, tout le monde gueule tout le temps. Du coup, on va faire des musiques libérées, simplement conçues pour le studio et qui n’auront pas lieu de sortir autre part que sur un vinyle. Les Rolling Stones, c’est venez les gars on part en vacances et on va faire de la zic.
Antoine: Finalement, on est peut-être plus Rolling Stones! (rires)

Studio ou scène?

Roland: C’est dur…franchement, c’est chaud.
Antoine: Ça dépend. Quand tu fais trop de scènes, tu as envie de faire du studio, et quand tu fais trop de studio, tu as envie de faire de la scène.
Roland: Si on doit choisir, une balle sur la nuque, tout de suite, ce serait studio. Parce que c’est le truc qui marque la postérité.
Camille: Il y a des lives enregistrés qui sont plus connus qu’un album presque.
Loïc: Ouais, mais quand tu as sué dans ton putain de studio, et que tu as un petit résultat, tu vas voir ton pote et tu lui dis, écoute ça! Et ça, c’est encore plus stressant que de monter sur scène; c’est jouissif la première fois que tu fais écouter un titre.
Roland: Studio, mais c’est vraiment cornélien.

« Il n’y a pas de regret, c’est juste que si aujourd’hui on faisait l’album, je pense qu’il aurait une autre tronche »

Olympia ou Stade de France?

Roland: Olympia direct, il n’y a même pas d’hésitation.
Antoine: Je suis allé une fois voir un concert au Stade de France, et j’ai rien compris! (rires)

Vinyle ou mp3?

Camille: moi, je suis Flac plutôt (rires)
Roland: Le truc, c’est qu’on a envie de se la péter et dire vinyle, mais en fait, il n’y en a pas un qui a plus de 4 vinyles… On est de la génération mp3, de ceux qui écoutent de la musique sur téléphone ou ordinateur.
Camille: Moi, j’écoute pas de musique au baladeur…
Roland: Il a dit baladeur!! (rires)
Antoine: Moi, je dirais vinyle, parce que si un jour on a un vinyle de nous…Et même en vrai, la qualité de son, c’est plus kiffant.
Loïc: C’est le côté matériel qui est intéressant. Moi, je dis vinyle aussi.

Adam ou Joe?

Camille: J’ai envie de vivre, alors Joe! Je suis pas pur et tout ça.
Loïc: Mais Joe, il est pas méchant; c’est un peu le mec dans Twilight(rires) Ok! Je prend Adam!
Antoine: Moi je prend Joe du coup!
Roland: Adam & Joe, c’est le twilight gay! J’ai Adam & Joe tatoué, et il y a une américaine qui me dit, Are you for gay rights? Because Adam & Eve, but no, Joe…J’ai fait, wouah!!

La Playlist des artistes – 5 titres que vous écoutez en ce moment

Roland: Cher! (rires)

Antoine: La dernière que j’ai écouté, celle qui me vient, c’est Piero Umiliani, et la chanson s’appelle Lady Magnolia. C’est un italien qui fait de la musique des années 70, de la musique de film particulièrement.

Camille: Moi, j’écoute Battles en ce moment. Et je kiffe la chanson Ice Cream.

Loïc: Je crois que je vais mettre Mind Games de John Lennon; je me la passe tout le temps.

Roland: Black Star de David Bowie.

Antoine: On aurait pu mettre Twlve!…
Loïc: Comme ça, ça en fait 5!
Antoine: Il y a Brain Fountain qui est bien, ou Horror Show.

Et quelle est la chanson d’Adam & Joe qui représente plus Why Mud?

Camille: Pour moi, c’est le Prologue! (rires)
Roland: Somebody! Je crois que tout le monde va dire Somebody.
Camille: Je dirais pas que c’est celle qui représente le plus…Et c’est pas ma préférée.
Loïc: Je fais écouter Somebody pour montrer ce qu’on fait; ça résume bien. Et c’est la plus accessible, la moins complexe.
Camille: Ah nan, c’est Sush Shelter la plus accessible.
Loïc: Oui, mais Sush Shelter, ça résume pas vraiment notre style.
Camille: Ouais, mais j’aurais dit celle-là, d’autant que c’est la première qu’on a sorti.
Roland: Ora Pro Nobis, elle est ultra représentative de ce qu’on fait.
(une discussion se tient alors, puis un vote)
Antoine: Allez, on va prendre Nobis! Et maintenant, c’est la question inverse? C’est celle qu’on regrette?

Ah non, pourquoi, il y en a une?

(silence)
Camille: Non. (rires)
Roland: Il y en a beaucoup qui n’ont pas fini sur l’album. Avant, il y en avait 16 je crois.
Camille: Mais en plus, les autres n’étaient pas à chier, vraiment. L’album aurait pu faire 16 chansons tranquillement.

Mais dans l’album, il n’y en a aucune que vous regrettez?

Camille: Non.
Roland: Il n’y a pas de regret, c’est juste que si aujourd’hui on faisait l’album, je pense qu’il aurait une autre tronche.

Un dernier mot?

Antoine: Merci de votre soutien depuis le début!

On ne vous conseillera jamais assez d’écouter l’album de Why Mud, Adam & Joe, si ce n’est déjà fait!
Et retrouvez Why Mud en concert le 2 juillet 2016 à l’Espace B, en compagnie de Voxes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s