[Review] MUNA – About U

Et elles pourraient bien sauver l’année à peine entamée. 

16387964_1351651054886502_2046107381885433727_n

Les premiers pas de 2017 sonneraient-elles les débuts d’une dystopie mondiale réelle rattrapant facilement l’imaginaire ? L’art sous toutes ses formes d’expression est en danger, et il paraît important, tous les jours et surtout en ces temps troublés, de faire passer le message à propos des risques encourus afin de sensibiliser, briser les tabous et les silences, de fabriquer le monde de demain. Une petite introduction essentielle pour présenter – entre autres ! – le trio californien MUNA, portant à bout de bras le futur de la pop. Se battant pour les droits des minorités actuellement menacés dans leur pays via leurs réseaux et les marches organisées, Kate Gavin, Josette Maskin et Naomi McPherson émettent un message de diversité et de résistance dans About U, un premier LP tubesque dans un monde de brutes.

Si nous connaissons la moitié des titres avant sa sortie, il y a quand même de quoi se rassasier concernant les tracks inédites. C’est un album frôlant une logique perfection, remplies de petites bombes synthpop aux textes féministes, évoquant à coeur ouvert la santé mentale ou les agressions sexuelles. I Know A Place est exactement le genre de pop qu’on veut entendre en 2017 : du régressif et de l’empowerment. Soit des influences empruntés de la fin des 80’s/début des 90’s, quand la pop n’était pas encore minimaliste, mais naïve et kitsch. Grower tourné vers l’amitié, engagé dans une Amérique trumpisée, elle s’adresse notamment à la communauté LGBTQ+. On pourrait continuer sur cette lancée, le trio queer amène sa pierre à l’édifice avec des sons tranchants, immergés dans la dark dancepop – After ou Around U – révélant une certaine mélancolie prononcée. Derrière tous ces possibles hits indiepop, se cache une façon de s’engager à une réflexion humaine, à prendre position, à parler de ces histoires d’amour qui finissent en queue de poisson. De ces crises d’angoisse, de ces relations abusives – la puissante Crying On The Bathroom Floor fait le boulot question addiction à la drogue et traumatismes personnels – le LP se déploie en une série de histoires réelles établissant une vérité pure, une vision d’un monde fortement déployé sur le politiquement correct. Ce politiquement correct tendu et cette envie de briser les chaînes du silence.

C’est le rôle de cet engagement, incarné dans cet album, qu’on peut percevoir comme une des grandes forces de MUNA, conjugué entre passé, présent et futur. Le passé se définit par le son du groupe, où Avril Lavigne – on a retrouvé des traces sur Everything, rappelant les démons des années 2000 – se mêle à Haim, The Blue Nile ou Prince. Quant au présent et au futur ? Ce disque s’inscrit dans l’ère troublante que nous vivons, avec l’espoir d’éduquer, de changer sa vie et celle des autres grâce à la parole et aux expériences vécues. Les « alternative facts » et autres vérités discriminantes n’ayant leur place dans ce monde, About U incarne le changement et la volonté d’être soi-même.

A écouter : Loudspeaker – I Know A Place – Around U – If U Love Me Now – End Of Desire – Everything

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s