[Live-Report] Europavox 2017

2017, année de la mue adolescente !

Moonlight Breakfast

Le festival clermontois se mue tout doucement vers un rendez-vous emblématique de la scène musicale européenne, en mêlant petits rendez-vous ponctuels à la Coopérative de Mai – Europaclub -, des collaborations avec différentes salles de concert – le Botanique à Bruxelles notamment – et un site – en anglais – avec des présentations d’artistes issus des 28 pays de l’UE et des articles tournés vers l’industrie musicale et ses modèles au sein de chaque pays. Le festival ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : quelques nouveautés ont ponctué cette 12ème édition. Par exemple, l’ouvrir à de grandes enceintes habituellement réservées pour le sport – en l’occurrence, le stade Marcel Michelin – et l’aligner au début des vacances estivales. La recette gagnante est toute trouvée : des soirées complètes quelques semaines auparavant et 50000 festivalier.e.s plus tard, Europavox peut maintenant se lancer sur des terrains inconnus, tout aussi fascinants.

Une petite introduction pour présenter cette édition qui aura marqué un tournant dans l’histoire de ce festival, avec des moments marquants dans notre périple musical. Bien évidemment, il y a eu quelques déceptions, mais également de belles surprises.

Vendredi 30 juin

Kiol

En rentrant de notre trip à Milan pour couvrir Pale Waves, la soirée est déjà bien entamée qu’on récupère le sésame au sein du festival. Et coïncidence, on tombe à côté du bar, sur l’italien Kiol, songwriter et interprète qui pourrait facilement voler la vedette à Ed Sheeran. Ce premier était donc chargé d’animer le fameux fil rouge annuel, petite tradition d’Europavox, en se produisant aussi bien sur la Factory comme au parvis de la Coopé. Au programme ? De la folk facile à aborder, plutôt coloré et dansante, surtout pour un temps gris, à en croire le duo de bénévoles dansant durant son set. Puis petit moment de découverte, ressemblant à un parcours sans réel but. Histoire de tuer le temps avant Agnes Obel. C’est avec curiosité qu’on file voir Stray Dogg, un groupe serbe connu pour sa collaboration lointaine avec un certain Devendra Banhart. Hélas, nous n’arrivons pas à être captivés par leur son rock rocailleux. En sortant de la Petite Coopé, nous sommes happés par quelques guitares, et on se lance à corps perdu à la Factory, pour St. Tropez, qui bien sûr, ne vient pas du Sud de la France mais des Pays-Bas. On tombe donc nez à nez face à un sosie de Kurt Cobain, apparemment revenu d’entre les morts. Le niveau remonte d’un cran en peu de temps. Il est surtout question de rock bien dur. Et d’ambiance aussi. Sur ce coup-là, ils assurent.

Assez parlé, il est temps d’aller se placer pour Agnes Obel à la Grande Coopé. Et nous ne sommes pas déçus du voyage proposé par la danoise, durant une bonne heure et quart. Flamboyante chef d’orchestre d’un girlband multiculturel musical, elle charme la salle avec une setlist homogène réunissant un mélange de ses trois albums. C’est là où Citizen Of Glass prend une autre tournure en live, ponctué de moments hors du temps. Arrive 23h15 et l’heure de sortir de la salle, où il est compliqué de sortir de notre nuage. On se rattrape avec la fin du concert de Moonlight Breakfast, invitant l’audience à danser comme dans les eighties. Venant de Roumanie, le trio propose un mix entre la synthpop pailletée et les sixties pour ses doux arrondis musicaux, faisant l’effet estompé.

Agnes Obel

 

Samedi 1er juillet

After Marianne

Le temps n’est pas forcément au top et la fatigue accumulée commence à prendre le dessus sur nos humeurs. Cependant, pas question de se laisser abattre dès l’après-midi ! La série de showcases programmé un peu partout dans le centre ville nous permet de commencer la fête plus tôt que prévu. Direction la librairie auvergnate de référence Les Volcans, pour voir After Marianne dans une formule électro-acoustique. N’ayant pas pu les voir la veille, cette séance de rattrapage tombe à pic. Mathilda Cabezas et ses compères de Kid Wise, nous invitent à entrer dans une bulle tamisée – sous doute influencé par les couleurs chaudes du mur de l’espace showcase – pour une demi-heure d’électro pop douce et stellaire. Comme on adore découvrir et écouter des exclus avant tout le monde, le quatuor mi-clermontois mi-toulousain lâche de nouveaux titres, dispos dans leur prochain EP prévu cet automne : Nous ne vieillirons pas ensemble ou Pour tenir – avec un guest encore tenu secret pour la version studio – font figure de futurs classiques égayant la saison à venir. A peine le showcase fini que nous prenons le chemin de la Fnac à Jaude, le temps d’avaler un sandwich et de se placer à temps pour Le Roi Angus. Un band enchanté venant de Suisse, venus pour parler d’amour triste un samedi après-midi de pluie devant un public homogène, un concept pas mal intéressant et pas mal plaisant. Ce qui pourrait introduire le propos du chanteur Casimir Admonk prononcé entre deux titres :

« J’ai vu que des enfants se bouchaient les oreilles, j’espère que c’est pour le volume et non pour l’amour triste. »

Témé Tan

Quelques heures passent et nous voici au Polydôme pour une soirée multiculturelle riche en bons moments et en curiosité. Quoi de mieux que de commencer par Temé Tan ? Non seulement le belge originaire du Congo met en sons ses expériences et émotions avec passion, empreints de sons world en langue française ; mais nous rappelle également Stromae et MC Solaar pour la gestuelle comme pour la production. Un moment poursuivi par la prestation de Michael Kiwanuka, pas assez accrocheuse à notre goût même si les versions live au parfum soul rock sont plus approfondies que sur disque, et donc plus évasives. A peine la performance de Kiwanuka finie, une foule de plusieurs générations s’empressent devant la scène pour le nouveau projet de Matthieu Chédid, Lamomali. Résultat ? Cela ressemble à une véritable réunion de famille, avec Fatoumata Diwara et Oxmo Puccino en guests, des succès de -M- et des reprises – Sauver l’amour de Balavoine, qui l’aurait cru – repris à l’unisson et un partage passionnel sans limite. Puis on clôt notre expédition cru 2017 à la Grande Coopé, avec Super Parquet. Une jauge de salle malheureusement peu remplie et pas très curieuse à ce moment là, or les clermontois ont joué avec minutie et amusement. A peine repris le chemin nous menant vers le tram que la pluie et l’effervescence s’invitent : qui a dit que les événements pluvieux pouvaient rendre les gens heureux ?

Les photos de ces deux jours sont à retrouver sur notre Flickr

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