[Review] Wolf Alice – Visions Of A Life

Des visions de vie si nombreuses et accrocheuses.

Press Shoot

Nous avions quitté Wolf Alice il y a une petite année, à la fin de la tournée promouvant le sauvage et sexy My Love Is Cool. Un premier album qui aura fait révéler aux yeux du monde entier la formation londonienne, utilisant leur notoriété pour soutenir les réfugié.e.s fuyant les guerres en participant à Bands 4 Refugees – une série de concerts donnés à Londres en décembre dernier avec plusieurs autres groupes dans le but de reverser l’ensemble des recettes à Help Refugees – et en se produisant sous un char l’été dernier pour dénoncer la politique d’austérité mise en place par le gouvernement britannique, tout en montrant leur soutien au chef du Labour – l’équivalent du Parti Socialiste en UK – Jeremy Corbyn. Pour ce second opus, l’ambition du groupe est pas mal débordante : pas étonnant qu’ils aient choisi Los Angeles et le producteur Justin Meldal-Johnsen pour enregistrer et livrer ces visions humaines ne manquant pas de vie.

Musicalement, celui-ci s’éloigne doucement de l’ambiance grunge pop des nineties. Le quatuor s’amuse désormais avec les époques et les styles. Certains pourraient reprocher à la bande menée par Ellie Rowsell le manque d’une signature sonore bien à eux. Mais ils n’ont font qu’à leur tête et c’est une qualité à prendre sans souci, pour un groupe qui brasse actuellement de nombreuses montagnes sur la scène britannique. Or, même si Visions of a Life est davantage moins percutant que My Love is Cool – et que plusieurs écoutes sont fortement utiles – ce premier prend différentes directions musicales, tout en retranscrivant des histoires tourmentées et des mini-OST de films imaginaires, avec Rowsell dans le rôle d’une narratrice sans autocensure.

Non seulement Visions of a Life célèbre les relations humaines et l’amour, mais nous sentons également que le groupe ait passé sans fracas la douloureuse étape du second album. Elle honore notamment les personnes parties au-delà avec Heavenward, une ouverture d’opus en grande pompe, puisant cette fois-ci dans le shoegaze vaporeux avec quelques influences piquées chez Mazzy Star, notamment dans le traitement de la voix de Rowsell. Concernant ce détail, nous ne pouvons que saluer sa prouesse vocale, passant de la douceur à la violence : le spokenword dans Sky Musings, dont la piste elle-même pourrait tout à fait se retrouver dans la bande originale d’un quelconque polar ou la violente Formidable Cool, nouant des influences psychédéliques avec l’âge d’or du alt-rock des 90’s. En parlant des sentiments et des faits, l’excellente et 60’s Beautifully Unconventionnal – s’inspirant du film Heathers, en particulier le personnage de J.D – fait facilement l’affaire, ainsi que la métaphorique et hyper tubesque Don’t Delete The Kisses où le band se pose la question que tant de gens se posent : comment tomber amoureux ? Comment cela se passe ?

Wolf Alice établit de ce point de vue humain, un véritable laboratoire expérimental rempli de richesse : outre Yuk Foo, piste très énervée mais au fond qui s’avère faiblarde face aux autres titres présents, on y croise la folk sombre de After The Zero Hour ou l’alt-rock sad song qu’est d’autre que Planet Hunter. On rajoute également dans le cocktail, la fascinante Sadboy avec une intro oasienne proche de la perfection, ainsi qu’un moment culminant des futurs lives : Space & Time : la batterie menée d’une main de maître par Joel Amey, domine le morceau quasiment en entier et redonne ses lettres de noblesse au psychédélisme des seventies.

Ce second essai prouve l’ascension à vitesse supérieure vers le sommet, avec une détermination sans faille concernant ces londoniens. En s’ouvrant à de nouvelles expérimentations, Wolf Alice se renouvelle et apporte une fraîcheur supplémentaire à une scène rock Outre-Manche toujours aussi excitante. Certains titres de Visions of a Life sont de véritables petits tubes qui électriseront festivals et futures arenas, et amèneront le groupe vers de nouveaux challenges de haute volée. Futur numéro 1 dans les charts, tête d’affiche dans un quelconque festival ? L’avenir nous le dira rapidement, mais c’est bien parti pour que ce genre de souhaits s’exauce.

A écouter : Heavenward / Beautifully Unconventional / Don’t Delete The Kisses / Sky Musings / Space & Time 

 

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