Rock en Seine – Day 2

Retour sur la deuxième journée de Rock en Seine le samedi 23 août 2014

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Une nouvelle fois présents sur le Domaine National de St Cloud pour la 12e édition du festival Rock en Seine, Les Insouciants reviennent sur cette deuxième journée sous le signe du « revival » 90’s.

 

Junip

Nous commençons cette journée en douceur et sous le soleil avec la folk des suédois Junip, emmené par l’énigmatique José Gonzalez. Le passage de Junip était attendu, tant leur présence sur la scène musicale se fait rare ; pour vous donner une idée, Junip a sorti 2 albums (Fields en 2010 et Junip en 2013) en 16 ans d’existence ! Quelques changements ont été opérés, comme l’atteste l’absence d’Elias Araya, ami d’enfance de José Gonzalez, à la batterie. Le troisième membre du groupe, Tobias Winterkorn, lui, est bien là, fidèle à ses claviers ; 3 autres musiciens viendront s’ajouter sur scène, deux autres claviers et percussions, ainsi qu’un bassiste. José Gonzales est peu bavard, mais peu importe, la musique fait tout ; d’une intensité magique, elle accompagne parfaitement la voix douce de José Gonzalez, et avec les multiples claviers qui décuplent leurs sons, nous voilà partis loin, très loin. La preuve en est, mis à part quelques irréductibles ici et là, il règne un silence religieux face à cette prestation. Quelques coups de cœur : Line of fire, Your life your call.

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ALB

Direction maintenant la Scène de l’Industrie pour retrouver ALB, que nous avions découvert lors d’un showcase privé dans les locaux de Sony avec son album Come Out ! It’s Beautiful. Pour nous mettre en bouche, et alors que seuls les instruments se trouvent sur scène, un son bien électro se fait entendre ; arrivent alors Raphael, s’installant à la batterie, et ensuite Clément Daquin, sourire aux lèvres, semblant heureux de se produire à Rock en Seine, venu nous présenter son dernier opus. La pop électro d’ALB est rafraichissante, et nous sommes en plus gâtés par un merveilleux soleil qui réchauffe ; Clément Daquin plaisantera d’ailleurs, « je n’avais encore jamais vu autant de lunettes de soleil« . Nous aurons bien sûr droit au tube Whispers under The Moonlight, mais aussi à de très réussis Never miss you et Take advice. Pendant que Clément jongle entre ses nombreux boitiers et claviers, mais aussi guitares, en face, Raphael ne s’ennuie pas, abandonnant parfois ses baguettes pour pianoter un boitier lui aussi. Ce dernier nous proposera un solo à la batterie et une plongée dans l’univers de Super Mario sur le titre Golden Chains. Avant de finir son set par Oh Louise, « pour ma fille que j’aime beaucoup« , Clément Daquin nous lâche, « on va vous laisser prendre l’apéro. Et nous aussi !« .

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Clean Bandit

Ce sont les auteurs du tube planétaire Rather Be, mais on savait que leur premier album New Eyes pouvait cacher quelques pépites. C’est avec quelques doutes qu’on est allé assister au live du quatuor électro britannique sur la scène Pression Live et ces craintes ont été rapidement confirmées: un set trop lisse, une ambiance proche de l’hystérie gênante, et un opus difficile à recréer en concert, à cause de ses nombreux featurings. Même la cover certes ambiancée de Show Me Love de Robin S n’y fera pas grand chose. Déçus, on décide de s’en aller pour assister à un autre set, sans regrets.

 

Cheveu

Comme on pourrait le dire à la sortie : c’était un concert de fou que le trio parisien nous a concocté. A tel point que la Scène de l’Industrie semblait même trop petite pour eux, le monde s’amassant jusque dans le passage, et même plus loin encore afin de pouvoir profiter du spectacle qui virera même à l’humoristique avec quelques blagues sur Dour, assorties par un « DOOOURO » crié par le chanteur Olivier Demenaux tout au long du concert. C’était sans parler d’une setlist hystérique accompagnée d’un public en folie qui n’hésitera pas à lancer quelques pogos et lever les bras à plusieurs reprises. On ajoutera à cela l’énergie débordante du groupe qui ne tarira pas une seule seconde, le chanteur montant même sur son clavier afin de surplomber le public alors que des slams naissent dans la foule. S’il est bien une chose que l’on puisse dire c’est que Cheveu sait rassembler les gens et que cela en valait la chandelle, en oubliant même la douche froide du concert précédent.

Cheveu. Crédit photo : Marion Hermet

Cheveu. Crédit photo : Marion Hermet

 

The Ghost of a Saber Tooth Tiger

La Grande Scène nous propose ensuite le set de The GOASTT – beaucoup plus facile à retenir que The Ghost of a Saber Tooth Tiger, le groupe formé par Sean Lennon, fils de, et de sa compagne mannequin, mais à ses heures perdues bassiste et chanteuse, Charlotte Kemp Muhl. Si vous êtes fan de la période la plus psychédélique de John Lennon, si vous êtes fan de guitares saturées, alors The GOASTT est fait pour vous. On commence d’ailleurs très fort, avec directement un solo de guitare, que Sean Lennon reproduira durant tout le set, et à chaque fois agenouillé, comme si pour implorer le dieu de la musique. Ce qui ne marchera pas à tous les coups, car alors que Charlotte chante Johannesburg, issu de leur premier album, de sa voix douce et aigue, Sean s’excuse à la fin du morceau, « pardon, mon solo était de la merde« . Parce que oui, Sean Lennon parle très bien français, et quasiment toutes ses interventions seront dans la langue de Molière. Le duo est sur scène accompagné de 4 autres musiciens, 2 claviers, un batteur et un autre guitariste, qui donnent ainsi un volume sonore déconseillé aux oreilles sensibles, ce qui change de ce que Sean Lennon avait pu nous présenter en solo par le passé. The GOASTT nous proposera également une reprise d’un groupe des années 60 – non pas des Beatles, la ressemblance aussi bien physique que vocale suffit – mais de Gandalf avec le titre Golden earrings. Sean Lennon finira sur ces quelques mots, « nous sommes très honorés d’être ici« .

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Lucius

Débarquant tout droit des USA, ce quintette mené par les charismatiques Jess Wolfe et Holly Laessig, deux chanteuses au look identique, sucré et coloré, ont prouvé que ce petit vent de pop 60’s n’était pas anodin. Venus présenter leur premier opus Wildewoman, la scène Pression Live s’est métamorphosée en vrai nuage rose, profitant ainsi d’un temps clément et d’un bon accueil pour les américains. Un set certes trop court et laissant sur notre faim, mais qui nous a largement convaincus, dépassant même nos espérances. Le petit plus : glisser le refrain de I Wanna Dance With Somebody de Whitney Houston sur la fin de Turn It Around. Classe.

Lucius. Crédit photo : Marion Hermet

Lucius. Crédit photo : Marion Hermet

 

Portishead

Ils n’avaient pas reposé le pied à la capitale parisienne depuis longtemps pour un concert. Une raison de plus de les attendre comme le messie en ce samedi soir. Un écran avec des projections en guise de décor, et c’est le groupe complet, notamment la chanteuse Beth Gibbons, qui a fait charmer les nombreux festivaliers, les nostalgiques des années 90 comme les curieux. Fêtant ainsi les 20 ans de Dummy, l’album ayant propulsé les anglais vers la gloire, c’est en enchaînant les titres récents (malgré le fait que Third, leur dernier album en date, ait 6 ans) comme les classiques comme Glory Box ou Roads, ils ont préparé le terrain pour une soirée revival 90’s avant le passage de The Prodigy, et ce n’était que le début.

Portishead. Crédit photo : Marion Hermet

Portishead. Crédit photo : Marion Hermet

 

Frànçois And The Atlas Mountains

Pour les quelques chanceux ayant fait le déplacement en avance vers la lointaine Scène Pression Live, il était possible d’entendre les balances de Frànçois And The Atlas Mountains quelques minutes avant leur « vrai » passage sur scène. Suite à la review de leur album Piano Ombre, nous étions impatients de les découvrir live. A leur arrivée, leurs premiers mots seront, « merci d’avoir loupé 15 minutes de Portishead« , et ils sont nombreux à avoir fait ce choix. Différentes ambiances se dessinent lors de ce set, tantôt africaine, tantôt nightclub, tantôt nord-africaine, mais toujours avec ce thème de la nature que l’on découvre également en fond avec l’impression d’être en pleine forêt. Le groupe est très en forme, et nous propose les titres de leur dernier album, avec des parties instrumentales beaucoup plus puissantes en live. L’album est beau, leur prestation live est magique ; le public est envouté devant les gesticulations de Frànçois passant sans problème de la guitare aux claviers, et se mettra lui-aussi à se dandiner aux premières notes de La vérité. Un très bon concert en soi.

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Joey Bada$$

Il n’a pas encore la vingtaine mais il fait déjà trembler le monde du rap avec ses mixtapes : l’américain Joey Bada$$ est un prodige dans le domaine. Préparant un premier album, dont la sortie est prévue prochainement, l’ambiance était survoltée sur la Scène de l’Industrie, créant ainsi un contre-phénomène face à Portishead sur la Grande Scène. Celui qui a collaboré notamment avec A$AP Rocky ou Mac Miller, a livré un live énergique, et digne de ce nom. Cet artiste est donc à suivre. Vraiment.

 

The Horrors

Le samedi soir était marqué par un très joli clash : trois groupes, sur trois scènes différentes pour le même créneau horaire ! Il fallait donc choisir son camp : The Prodigy, The Horrors ou St. Vincent ? Penchons-nous sur la seconde formation, originaire de Southend-on-Sea et mené par le ténébreux Faris Badwan. Quatre albums à leur actif, dont le dernier Luminous, sorti en mai dernier, ce concert était surtout l’une des claques de ce festival. Enchainant ainsi des classiques comme Who Can Say, ou des compositions récentes comme So Now You Know, les anglais ont réussi une nouvelle fois à enchanter les festivaliers de Rock en Seine, avec une très bonne ambiance. Notre seul regret ? Que ce set soit passé à une vitesse folle.

The Horrors. Crédit photo : Marion Hermet

The Horrors. Crédit photo : Marion Hermet

 

The Prodigy

Et pour finir cette deuxième journée en beauté, rien de mieux qu’un petit retour dans les années 90 avec le final sur la Grande Scène mené par les légendaires anglais de The Prodigy. Nous restons quand même prudents et ne nous aventurons pas dans la fosse, mais une place en haut de la butte, côté droit de la scène nous donne une vue imprenable sur ce public venu nombreux entrer en transe sur cette musique électronique qui a connu sa gloire dans les 90’s. Et comme si leur musique n’était pas suffisante, Keith Palmer ne cessera de pousser à bout son public, en utilisant d’innombrables fois le « f-word » pour lui ordonner de se lâcher complètement. Chose que tout le monde n’hésitera pas à faire, surtout en entendant les premières notes des tubes tels que Invaders must die, Voodoo people, Omen ou bien encore Breathe. Mais c’est surtout Smack my bitch up qui mettra tout le monde d’accord, avec le fameux « everybody down !« , tant copié de nos jours par d’autres groupes. Derniers à passer sur cette Grande Scène, le groupe se permettra même un rappel ; une bonne claque !

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