Rencontre avec Oré

On fait connaissance avec la jeune musicienne parisienne qui monte ! 

Oré au Lollapalooza à Paris, le 21 juillet 2018 – Crédit : Marion Hermet

Auteure, compositrice, interprète et ingérieure son, Morgane Szucs aka Oré mixe la pop française et le rap, la vie quotidienne décomplexée avec les rythmes entraînants remplis de fantaisie. Dans cette nouvelle scène francophone, la parisienne se fait petit à petit un nom, entre premières parties, tremplins – ïNOUïS du Printemps de Bourges ou Grand Zebrock – et création. Entre deux concerts, on est allé à sa rencontre, à l’univers détonnant.

Pour commencer, peux-tu me raconter un peu ce qui t’a amené à faire de la musique ?

Ce sont des concours de circonstances ! J’ai commencé la musique enfant avec des premiers cours de piano, inscrite par ma mère. Ensuite, j’ai testé la MAO tout en prenant des cours de piano jazz au conservatoire de ma ville, Narbonne. Après mon BTS audiovisuel à Toulouse, je suis allée à Paris pour trouver du travail. J’ai rencontré Philippe Bozec qui est compositeur à l’image et sound designer, et j’ai fait un stage avec lui. J’ai fini par me dire que j’allais faire la même chose, avant de me lancer carrément dans l’écriture et la composition de mes propres morceaux.

Pourquoi Oré ?

Pour l’Orée de la forêt. Ça me permet de garder un pied dans le monde organique, un peu comme un totem. Et en même temps c’est un genre d’hommage pour une personne qui me soutient depuis que je l’ai rencontré.

Quelles sont tes influences musicales, voire artistiques et littéraires qui nourrissent ton travail ?

J’ai été beaucoup influencée par des artistes comme Camille, Akhénathon, Mc Solaar, Stupeflip, Odezenne et Alt-J. J’aime aussi profondément l’album « Solo Piano » de Chilly Gonzales, les Fleet Foxes, Brassens, Nougaro, les Simon & Garfunkel, les Pink Floyd, et Led Zeppelin. J’aime beaucoup le cinéma aussi; Hayao Miyazaki et Wes Anderson sont des réalisateurs qui m’ont fait un grand bien, avec cette espèce de poésie qui se dégagent de leurs films. J’ai lu quelques autobiographies de Simone de Beauvoir, quelques romans de Balzac et en ce moment je traîne sur les romans de Douglas Adams, « H2G2 ». J’aime beaucoup aussi Brian O’Malley qui a dessiné les bandes dessinées de Scott Pilgrim et Seconds ! Sinon il m’arrive de tenter des essais comme celui plutôt marquant de Howard Zinn, une histoire populaire des Etats-Unis… Ça me permet de poser un autre regard sur le monde qui m’entoure.

Comment se déroule une session d’écriture avec toi ?

Je me mets toute seule dans un coin et je tente des trucs. Des fois on peut m’entendre me plaindre ou râler parce que je ne trouve rien qui me convienne. J’ai beaucoup de mal à créer à plusieurs, et même en étant à plusieurs, j’ai besoin de me mettre à part. Je suis un peu pudique…

Que penses-tu de la nouvelle scène française, qui regorge en nouveaux et beaux projets en ce moment ?

Je trouve qu’elle se porte vraiment bien ! Il y a 7 ou 8 ans, ça m’énervait un peu de ne pas entendre de la nouveauté par rapport à la langue française. Actuellement c’est florissant : J’ai vraiment senti un tournant au niveau de la musique “populaire” avec Christine and the Queens et Stromae, et maintenant on a Roméo Elvis – même s’il est belge – Voyou, Flavien Berger, Angèle, Aloïse Sauvage, Lomepal, Bagarre, Malik Djoudi, etc… Plein d’artistes qui ont chacun leur identité, qui osent la langue française tout en ne s’empêchant pas d’être musicaux et novateurs.

Comment s’est passé ta rencontre avec La Sale Affaire, qui a signé ton clip « Agence Matrimoniale » ?

J’ai rencontré Marie Laure – co-réalisatrice – en même temps que Paul (mon manager) lors de ma formation en audiovisuel à Toulouse; on était dans la même promo. Quand on est monté sur Paris, on a rencontré Larry dans une soirée, qui était jeune assistant réalisateur. Paul qui est aussi monteur a intégré la société de son grand frère – dont Philippe Bozec était associé. On a fait pas mal de projets ensemble et on est simplement devenus amis. Avec Marie Laure ils ont fait leur premier clip ensemble alors que je commençais à composer mes premiers morceaux, du coup on s’est dit que le jour où j’aurais besoin d’un clip la tâche leur reviendrait naturellement.

Quels sont tes prochains projets ?

Actuellement je suis en train de composer des morceaux pour préparer un second EP puis dans l’idéal un album.

Une dernière question : que serait ta définition du mot « insouciant » ?

Être insouciant, c’est un état que l’on doit se permettre de temps en temps pour se ressourcer et repartir du bon pied. Il faut parfois se rappeler que rien n’est vraiment grave tant qu’il n’est pas question de mort, et que l’insouciance permet de se décentrer de soi même pour s’ouvrir aux autres. Être insouciant sans excès, c’est être généreux d’une certaine manière…

Crédit : Marion Hermet

Petit portrait chinois : Si tu étais…

Un plat ? Des endives au jambon
Un parfum ? Beautiful Day de Castebajac
Un(e) artiste ? Un monstre à mille tête
Une chanson ? « Les gens qui doutent » d’Anne Sylvestre
Une pochette de disque ? « The Division Bell » des Pink Floyd
Un livre ? « Les nourritures terrestres » d’André Gide
Un clip ? « Right Here Right Now » de FatBoy Slim
Un instrument musical ? Une contrebasse
Un mot ? « Chouette »
Un moment de la journée ? Le lever du soleil

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