[LIVE REPORT] Rock en Seine – Day 3

Retour sur la journée de dimanche à Rock en Seine

Nous sommes dimanche 27 août 2017, la troisième et dernière journée de Rock en Seine débute sous un soleil de plomb et encore une belle programmation nous attend.

En arrivant, on se pose à côté de la Grande Scène où la journée s’ouvre avec King Khan & The Shrines. Rock en Seine nous avait annoncés un phénomène, entre tenues extravagantes et pitreries sur scène; mais c’est un homme en classique costume blanc que nous découvrons, accompagné de The Shrines, groupe au complet avec section de vents, section rythmique, basse-batterie-guitare, orgue, et choriste. La seule excentricité pourrait résider dans le port de capes dorées et argentés pour la section de vents. Mais on ressent tout de même un potentiel d’extravagance dans cet indo-canadien au style de gourou qui oscille entre punk, garage, soul et pop psychédélique. On commence à partir au moment où il invite sa fille à chanter sur scène; et la voilà l’extravagance que nous avons manqués: monsieur reviendra alors sur scène en justaucorps noir très moulant avec deux ouvertures rondes au niveau des fesses. Tant pis pour nous!

Nous sommes partis avant la fin du set de King Khan & The Shrines car il nous a fallu traverser tout le site pour rejoindre la Scène du Bosquet, où allait débuter le concert d’Amber Run, un groupe anglais d’indie pop rock avec déjà 2 albums à leur actif, mais encore trop méconnu en France. Ce sera d’ailleurs leur première scène française (avant un concert annoncé à La Maroquinerie à Paris en octobre prochain), et nous, chez Les Insouciants, on est déjà sous le charme. Comment ne pas l’être devant Joseph Keogh qui vit à 200% toutes ses chansons; les autres musiciens, tout aussi bons, sont plus discrets, et tous les regards se portent sur ce chanteur guitariste qui carbure à la Heineken et enchaine les grimaces. Mais c’est aussi cette voix vibrante qui fait chavirer les quelques centaines de spectateurs qui écoutent religieusement titre après titre pour ne les congratuler qu’à la fin de chacun. Le groupe semble heureux d’être là, et de ravir les festivaliers pour leur premier passage en France. Le set atteindra son apogée lors du morceau I Found en piano-voix, une émotion intense qui fait se dresser les poils.

Le temps de se remettre de nos émotions, et nous voici de nouveau en marche vers la Grande Scène où les festivaliers sont déjà en nombre alors que le show de Deluxe a déjà commencé. En bons trublions, le groupe de moustachus investissent la scène et prennent possession de tout ce beau monde présent pour faire la fête avec eux. En vrac, on a adoré: leur énergie débordante, la voix de la chanteuse Liliboy comme si elle avait pris de l’hélium et sa jupe en forme de moustache géante, les courses sur la scène tout en jouant du saxophone de l’un deux, leur passage puissant de drum & bass. Liliboy invitera également une festivalière dans une battle de danse – clairement une fan avec un t-shirt arborant une moustache. Deluxe n’est définitivement pas venu pour faire de la figuration, et dans leurs costumes rouge et or, ils mettent tout le monde d’accord en demandant aux festivaliers de foutre le bordel. Bonne humeur, bonne ambiance, on repart avec le sourire aux lèvres.

Pas le temps de souffler, on repart vers la Scène de la CascadeTy Segall a déjà entamé son set. On y découvre 5 hommes en rouge et un déferlement de guitares. On est installé en retrait de la scène, ou plus précisément allongés sur l’herbe, comme de nombreux gens autour de nous, et là, c’est presque l’extase. Certes, nous avons 2 jours et demi de festival dans les pattes, mais cette position semble étrangement adaptée à l’écoute de ce set avec des sonorités psychédéliques de guitares heavy. On secoue nos jambes et nos têtes aux rythmes de la musique et on se dit que c’est bien là la meilleure des drogues.

Comme on est bien là, on décide de s’octroyer une petite pause avant la suite, et on en profite pour avoir les retours de festivaliers assistant aux concerts en cours. Par exemple, il y a Mac Demarco sur la Grande Scène, et voici ce que Marion en a pensé:
« Après avoir testé le stand de badges où des magazines étaient à disposition des festivaliers pour créer des badges personnalisés, nous avons retrouvé Mac Demarco sur la Grande Scène. L’homme est souriant et décontracté, la bouteille à la main et la clope au bec, il est définitivement bien. Il n’hésite pas à faire monter des fans sur scène en se prêtant à un jeu de danse avec eux, puis les invitant à rejoindre le bar champêtre (nappe vichy oblige) installé à gauche de la scène. Il se retrouvera d’ailleurs en quelques secondes avec l’un d’eux sur ses épaules en tentant tant bien que mal de chanter en duo avec ce dernier perché sur ses épaules. Les mélodies guidées par les riffs de guitares nous laissent quitter ce concert détendu, le sourire aux lèvres avec l’idée qu’il est encore tôt et que les vacances au bord de l’eau ne font que commencer ».

N’ayant pas trop bougé de notre côté, on se dit qu’on va tester le concert de George Ezra sur la Scène de la Cascade. En position assise cette fois, on accueille le jeune artiste avec en toile de fond un décor qui aurait été propice pour l’édition 2015 Welcome to the Jungle. Malheureusement, après 3 titres, et notamment l’histoire du titre Barcelona, nous décidons de plier bagages de peur de nous endormir. Dommage, on aurait bien voulu entendre le tube Budapest (qui sera joué, soit dit en passant, qu’en toute fin de set).

Et là, pour la première fois dans ce festival, nous sommes face à un dilemme ultime; 2 groupes que nous souhaitons voir jouent en même temps, l’un sur la Grande Scène, l’autre sur la Scène de l’Industrie. Que faire entre le hip hop old school de Cypress Hill et le revival 60s-70s des Lemon Twigs? Notre choix se porte alors sur la nostalgie, en se disant que nous aurons l’occasion de recroiser les 2 jeunes frères. Et nous ne sommes pas les seuls tant une foule s’amasse devant la Grande Scène et s’agrandit au fur et à mesure que l’on approche du début du concert. 19h45 pétantes, B-Real et Sen Dog arrivent sur scène, accompagnés d’un DJ et d’un percussionniste. Les 2 comparses sont heureux d’être là et n’hésitent pas à dire que le public français est le meilleur (oui, on n’en doute pas). B-Real est aussi accompagné d’un énorme joint qu’il n’allumera qu’au bout de presque 1/2h de show, en attendant il l’arbore fièrement en tenant son micro. Tous les classiques y passent, de Tequila Sunrise à How I Could Just Kill a Man en passant par Insane In The Brain qui sera précédé d’une battle entre les côtés droit et gauche de la foule entrainée par B-Real et Sen Dog. A coup de « Fuck this side » et de medley de Nirvana et House of Pain, la battle se finira par B-Real qui demandera à son côté de se mettre au sol, en invitant les festivaliers de l’autre côté à Snapchatter parce que quelque chose de fou va se produire; il précise à son pote Sen Dog que dès les premières notes, son côté saura exactement ce qu’il faut faire… Et dès les premières secondes de Jump Around, c’est une foule en délire qui se met à sauter partout. On l’avoue, nous étions du côté de Sen Dog, et nous étions définitivement les meilleurs. Le public est conquis et scande « Cypress Hill, Cypress Hill », mais il est temps de laisser le DJ et le percussionniste montrer de quoi ils sont capables, pour cela les 2 rappeurs quittent la scène, et on se doute un peu qu’ils ne sont plus tout jeunes et qu’ils ont besoin d’une petite pause. Aucun problème pour les festivaliers, DJ et percussionniste mettent également le feu. A son retour sur scène, B-Real se lance avec le DJ dans une démonstration de scratch passant l’un après l’autre sur l’une et l’autre des platines. Et pour finir, on apprend que c’est l’anniversaire du percussionniste, et un Happy Birthday est donc entonné par le public. En l’espace d’1h 1/4, on a retrouvé nos 15 ans et ça nous a fait du bien.

On se dit que la journée arrive bientôt à sa fin, et au son de Rone qui se produit sur la Scène de la Cascade, on décide d’aller faire un tour au Village du Disque où plusieurs disquaires ont planté leurs tentes.
Et c’est au tour d’Anne-Laure de nous livrer ses impressions:
« Nous attendons Rone, ce talentueux producteur d’électro français méconnu du grand public et des plateformes de radio. Le soleil couchant en arrière-plan de la scène, l’artiste apparait si heureux qu’il arrive à nous le transmettre. Timide, il ne s’autorise aucune interaction avec le public de la soirée, on se contentera de son large sourire. On le sent totalement possédé, ce qui apporte quelque chose de très spécial de son live. Il réussit à équilibrer la pop et la musique électronique née à Berlin de manière à ce que nous nous sentions ailleurs. En regardant autour de nous au fur et à mesure du live, nous réalisons que nous avons basculé. Ce petit français, définitivement prodige électronique, a réussi à transformer les émotions des quelques milliers de personnes venus se déhancher sur son électro thérapeute. »

Heureux de nos achats, on part se désaltérer au Bar Métal, non loin de la Scène de l’Industrie où se joue un spectacle monté pour l’occasion. Intitulé Formule, le duo de rock électronique français The Shoes nous propose un medley de 30 ans de musique, pour célébrer la sortie prochaine de la nouvelle formule des Inrocks. Tout y passe, Gossip, Etienne Daho, Daft Punk, Beastie Boys; le rappeur Orelsan fera même une apparition surprise, et on finira sur Louxor J’Adore de Philippe Katerine. « Et je coupe le son », et il est temps d’aller se coucher.

La 15ème édition de Rock en Seine a été de nouveau un succès, avec le pari de mettre en avant de nombreux artistes émergents plutôt que de multiplier les têtes d’affiches. 110 000 festivaliers ont foulé le sol du Parc de Saint Cloud durant ces 3 jours, avec un samedi complet.
On se dit à l’année prochaine?

Retrouvez toutes les photos de la journée de dimanche sur Flickr

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